Articles > Premières impressions sur Final Fantasy XIII-2

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Développeur : Square Enix
Editeur : Square Enix
Support : PlayStation 3, Xbox 360
Genre : RPG
Dates de sortie :
- Japon : 15 décembre 2011
- Amérique du Nord : 31 janvier 2012
- Europe : 3 février 2012
Boutique : réserver la version française
Cet article ne révèle pas d'éléments scénaristiques.

Tout juste deux ans après Final Fantasy XIII, voilà qu'arrive au Japon Final Fantasy XIII-2 le 15 décembre dernier. Si l'Europe devra attendre le 3 février pour pouvoir s'y plonger, nous nous sommes laissé entraîner par la version nippone du titre, sur laquelle nous avons passé une quarantaine d'heures. L'équipe de développement l'avait fait savoir dès son annonce : cette suite a été créée avec en tête les critiques, parfois virulentes, formulées à l'encontre de son ainé. Voici donc un premier tour d'horizon de cette nouvelle aventure.

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Une histoire de paradoxes
Trois ans après la chute de Cocoon et de ses fal'Cie, Serah et les membres du groupe NORA vivent une vie paisible à Néo Bodhum, la ville qu'ils ont fondé sur Pulse. L'ombre de Lightning plane cependant sur sa petite sœur, qui est la seule à la croire toujours en vie. Ses espoirs sont confirmés lorsque Noel, un jeune chasseur venu du futur, lui annonce que Lightning l'a envoyé à sa recherche. Commence alors pour les deux héros un voyage à travers le temps et l'espace, Cocoon et Pulse, à la poursuite de Lightning et d'une menace bien plus grande. C'est peu à peu que le mystère qui l'entoure se dévoile, ainsi que l'implication de tous les personnages dans les évènements qui l'ont mis en marche. Au fur et à mesure de son déroulement, l'intrigue met en scène une montée en puissance très bien ficelée dans laquelle on plonge volontiers, même s'il lui manque peut-être quelques séquences épiques comme son prédécesseur en servait régulièrement. En revanche, le scénario fait intervenir des Live Triggers, sortes de dialogues à choix multiples, qui n'ont finalement pas d'intérêt pratique, mais qui personnalisent d'une certaine manière l'expérience de jeu. À travers cette histoire, Final Fantasy XIII-2 fait de belle manière, et de façon peut-être plus palpable que Final Fantasy XIII, la liaison entre l'histoire et la civilisation de Pulse, une Cocoon qui reste plus que jamais fer de lance de la technologie, et la mythologie de Fabula Nova Crystallis à travers l'un de ses acteurs majeurs, la déesse Etro.

Après une ouverture magistrale mettant à profit tout le charisme de Lightning dans un savant mélange de superbes cinématiques pré-calculées, de combats dantesques et de cutscenes intenses, c'est donc aux côtés de Noel et Serah que débute véritablement cette aventure. Ils s'avèrent, en définitive, être tous deux de très agréables héros. Noel est en particulier une excellente surprise, et on s'attache rapidement à son personnage qui tient à ses valeurs sans tomber dans l'exagération, et qui sait remotiver ses compagnons sans passer pour un rigolo. Serah, quant à elle, devient progressivement plus combattive et meneuse qu'elle n'en a l'air, sans pour autant être aussi marquante qu'à pu l'être sa grande sœur. Côté retours de têtes connues, on citera notamment Hope, qui a été forgé par les aventures qu'il a vécu : jeune homme mature et brillant, il mène désormais de front les recherches de l'Académie. À l'inverse, Snow n'a lui absolument pas changé : pour cela, on laissera plutôt le jeu vous l'expliquer. Le dernier duo introduit des personnages entièrement nouveaux, Caius et Yeul, dont il est difficile de trop parler sans tomber dans les révélations désagréables à lire. On se contentera simplement de dire qu'ils sont deux excellents protagonistes, et qu'au même titre que Noel, ils deviennent très intéressants lorsque l'on en apprend plus à leur sujet au fil de l'histoire. Vient enfin le fameux Mog, plus en retrait dans le scénario, mais qui devient l'acteur de plusieurs petites nouveautés de gameplay impliquant activement le joueur dans la recherche de trésors.

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Le pouvoir au joueur
Final Fantasy XIII-2 reprend quasiment à l'identique le système de combat grisant et dynamique de son aîné. La formule fonctionne toujours aussi bien, et les combats de boss s'avèrent même plus intenses qu'auparavant, grâce à l'arrivée des Cinematic Actions, qui consistent en des QTE impliquant le joueur dans les cutscenes. En revanche, les affrontements normaux sont souvent assez simples, et c'est un peu ici le revers du retour à l'aléatoire. Cela dit, une difficulté exigeante aurait certainement été éreintante, le joueur étant désormais libre d'aller et venir à sa guise dans tous les environnements. Le Mog Clock, qui permet d'obtenir un bonus de célérité en début de combat si le joueur est le premier à engager la bataille, est en tous cas un système savamment pensé, qui rend aussi bien le joueur que les monstres et les PNJ plus actifs dans les environnements. Bien entendu, des petites nouveautés greffées au système de combat en lui-même sont à l'ordre du jour (changement de leader, possibilité de fixer des attaques de zone ou non), ainsi qu'une grande nouveauté : l'ajout des monstres dans l'équipe. Chaque créature possédant ses propres Cristarium et courbe d'évolution, ainsi que ses compétences et attaques spéciales spécifiques, les possibilités sont extrêmement ouvertes. Le simple fait de proposer un système différent d'un éventuel troisième personnage est déjà en soi une invitation à la curiosité, mais il s'avère rapidement addictif, et on s'essaye volontiers à différentes combinaisons de monstres, sans être vraiment poussé à le faire.

La construction du jeu, qui passe par le Cœur de l'Histoire, encourage au contraire activement à l'exploration, et il faudra parfois revenir dans des zones déjà visitées pour avancer dans l'histoire. On trouve au final tous types d'environnements en termes de surface explorable. Ce qui fait véritablement leur force, c'est le fait que l'équipe de développement s'est efforcée de trouver des petites idées de gameplay pour les rendre toutes différentes des autres, et donc moins linéaires dans le processus de découverte. Côté activités annexes, le choix est large : il y a une multitude de choses à accomplir et de nombreux environnements du jeu y sont même exclusivement dédiés. Chaque zone comporte en effet son lot de quêtes, assez simples dans leur déroulement, mais qui permettent de s'ancrer dans la vie des PNJ. Les puzzles ne manquent également pas, et si les premiers sont très simples, les choses se corsent progressivement et une bonne dose de réflexion est parfois de mise. Toutes ces activités annexes permettent d'obtenir des fragments, qui sont au nombre de 160 au total (comptez environ une cinquantaine qui s'obtiennent naturellement avec l'histoire) : c'est dans ces objets que résident au final la vraie récompense de ces à-côtés, puisqu'ils donnent chacun des informations très intéressantes sur différents aspects de l'univers du jeu. Sans oublier, bien évidemment, que les réaliser permet de profiter pleinement des environnements que l'équipe de Final Fantasy XIII-2 a créés.

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L'art de la créativité
Isamu Kamikokuryo, le directeur artistique de Final Fantasy XIII, a repris son poste pour ce nouvel opus, tandis que Masashi Hamauzu a été rejoint par Naoshi Mizuta et Mitsuto Suzuki pour la bande originale. L'alliance de leurs travaux a donné naissance à une nouvelle vision de l'univers du jeu, et la nécessité d'imaginer des zones nouvelles et déjà connues à plusieurs époques, tout en les distinguant de Final Fantasy XIII, a véritablement motivé la créativité des artistes. Même si la claque graphique de l'époque n'est pas aussi percutante, le résultat reste tout aussi exceptionnel : l'univers conserve une identité extrêmement forte, tout en étant constamment rafraîchissant et immersif. D'un village au bord de la plage à une tour technologique, en passant par une forêt automnale et une ville futuriste, le voyage est encore une fois époustouflant et dépaysant, même si l'on est déjà venu à bout du précédent opus. Redécouvrir une même zone à des époques différentes est aussi une expérience singulière : si elles ne changent pas du tout au tout, leurs palettes de couleurs, la météo, l'heure de la journée et parfois la musique contribuent à donner une saveur bien particulière à chaque période visitée. Tout ceci est bien entendu sous tenu par les capacités techniques du moteur du jeu : la qualité, entre autres, des effets de lumière, de la pluie et de la neige, et du traitement graphique est d'excellente facture. Ne vous étonnez pas si vous vous retrouvez à rallonger volontairement la durée de la découverte des environnements, simplement pour apprécier la qualité de la direction artistique et de la bande originale.

Les compositeurs ont en particulier fait preuve d'une audace et d'un talent incroyables, mettant à profit une foule de styles dans lesquels ils parviennent à toujours exceller. Ils ne l'ont cependant pas fait au détriment de l'unité artistique, car les musiques s'accordent toujours autant avec l'humeur des personnages et l'ambiance des décors parcourus. Les thèmes des différents environnements sont en ce sens particulièrement mémorables : Néo Bodhum est par exemple habillée d'une piste reposante et énergique à la fois, parfait prélude au début du voyage, Oerba s'offre une chanson nostalgique de laquelle se dégage un petit côté estival et le thème d'Academia allie le violon à des accents électroniques dans une ambiance aérienne fascinante, qui s'accorde parfaitement au design futuriste de la ville. Les thèmes des différents personnages, qui sont encore une fois des reflets exacts de leurs personnalité et histoire, aussi bien à travers les paroles que les mélodies, sont également des réussites exemplaires : tristes et touchantes pour certaines, pleines d'espoir pour d'autres, implacables et épiques pour les dernières. De nombreuses chansons composent la bande originale du jeu, qui contribuent elles aussi de façon remarquable à donner un charme nouveau à un univers déjà connu. Quelques pistes issues de Final Fantasy XIII se sont d'ailleurs glissées ça et là, constituant parfois des clins d'œil qui arracheront sans faute un sourire à ceux qui les connaissent. L'importance accordée à la musique est indéniable, et elle mérite d'être saluée quand elle se traduit par une explosion de couleurs et de virtuosité telle que celle-ci.

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Conclusion
Plus de liberté, plus d'exploration, plus d'activités annexes, plus d'importance à l'histoire de Pulse : les créateurs de Final Fantasy XIII ne s'étaient définitivement pas moqués des joueurs lorsqu'ils disaient avoir écouté leurs commentaires. Final Fantasy XIII-2 a énormément à offrir, et partir à la recherche de tous les fragments du jeu sera sans conteste un vrai bonheur pour les complétionnistes, pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'univers, et pour ceux qui cherchent tout simplement à s'amuser. Le titre ne manque également pas d'imagination et de talent sur le plan artistique, qui adopte une nouvelle approche, absolument mémorable, aux mondes de Cocoon et Pulse. Ajoutez enfin à cela un scénario qui sait tirer parti de toutes les facettes de son univers, et un système de combat toujours aussi efficace, mais bien plus enclin à l'expérimentation. Motomu Toriyama et son équipe prouvent à nouveau leur capacité à créer un titre immersif et cohérent, qui ne laisse rien au hasard et harmonise tous les aspects du jeu vidéo. En d'autres mots, un Final Fantasy...

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