Articles > Test complet de Dungeon Siege III

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Développeur : Obsidian Entertainment
Support : PS3, 360, PC
Genre : RPG, hack'n'slash
Langue : français
Date de sortie :
Japon : 28 juillet 2011
Amérique du Nord : 21 juin 2011
Europe : 17 juin 2011
Boutique : acheter la version française

Six ans se sont écoulés depuis la sortie du dernier épisode numéroté de la série Dungeon Siege. Pourtant adressée à la communauté de joueurs PC, elle revient cette année avec une troisième aventure déclinée sur console, développée par Obsidian Entertainment et éditée par Square Enix. Une évolution majeure qui profite également au géant japonais, toujours en quête de nouveaux horizons. Entre jeu de rôle et hack'n'slash, Dungeon Siege III parvient-il à s'imposer dans la meute de productions du genre ?

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A Game of Thrones
L'univers de Dungeon Siege III plonge le joueur dans l'enchanteur Royaume d'Ehb, déjà parcouru au cours des deux premiers épisodes. Trente ans ont passé depuis l'assassinat du Roi Roland, trois décennies durant lesquelles Jade Kassynder a pourchassé les héritiers de la dixième légion accusée à tort d'avoir commis l'homicide. Le vénérable Odo a bien tenté de rassembler ces descendants de la Légion dans le domaine de Montbarron, mais ceux-ci n'ont malheureusement pas su résister aux attaques des mercenaires. Mais toutes les cartes ont-elles été abattues ? Quel que soit votre décision quant au personnage que vous incarnerez, vous êtes le seul et unique espoir des résistants qui comptent bien mettre un terme à cette longue guerre de pouvoir.

Quelques minutes de jeu suffisent pour deviner que la trame scénaristique de Dungeon Siege III n'est ni originale, ni grandiloquente. L'univers est assez classique et les évènements qui s'y déroulent souvent prévisibles. Néanmoins, on ne peut pas renier l'excellent travail qui a été assuré autour de cette histoire. Dans les pages jaunies d'un vieux grimoire, à l'occasion d'une conversation avec un habitant : tous les moyens sont bons pour raconter les légendes du pays et narrer d'anciennes guerres qui contribuent grandement à l'immersion, à condition d'avoir une soif de lecture certaine. À cela s'ajoutent le passé propre à chacun des quatre héros qu'il est possible d'incarner et quelques choix multiples impactant assez discrètement le cours de l'aventure, et l'on obtient un contexte assez solide mais perfectible.

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« Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin. »
Bien qu'il emprunte plus d'éléments au genre hack'n'slash qu'au RPG, on était en droit d'attendre de Dungeon Siege III des environnements vastes et variés. Variés, ils le sont : l'aventure vous guidera entre autres au travers de villages agités, de forêts féeriques et de cavernes sordides. Mais la diversité ne peut pas excuser la linéarité globale de l'aventure. Certes, quelques embranchements ou caves annexes vous feront passer le temps, mais la tendance est aux couloirs. Les développeurs ont même ajouté une fonctionnalité permettant d'indiquer le chemin le plus court pour rejoindre son objectif.

Il faut tout de même admettre qu'au delà de ces considérations géographiques, la diversité des quêtes annexes étouffe cette sensation d'emprisonnement. En dehors de son objectif principal, votre héros aura tout le loisir de venir en aide aux autochtones en détresse contre quelques pièces et objets. De quoi prolonger la durée de vie décevante (une quinzaine d'heures) et profiter du nombre impressionnant de pièces d'équipement disséminées ici et là. Fort heureusement, un mode multijoueur vient apporter un peu d'intérêt à ce titre qui, très franchement, ne mérite pas d'être parcouru quatre fois comme l'exige le trophée Platine. Pourtant, les comportements et les compétences variées des quatre protagonistes change la manière d'appréhender les affrontements, mais la monotonie de l'aventure est un frein majeur indéniable.

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Poudre aux yeux
Nul ne sait si le fait que Dungeon Siege III soit développé sur trois plates-formes différentes a contraint les développeurs a faire des concessions sur la réalisation graphique du jeu. La direction artistique de cette aventure est réussie : les premiers artworks avaient d'ailleurs, à l'époque, fait briller bien des yeux. Nous l'avons dit, l'univers est riche et travaillé, mais le rendu à l'écran est fade, et très inégal. Certains environnements comme les forêts ou la ville de Stonebridge sont sublimés par des détails et des effets de lumière dynamiques du meilleur goût, d'autres paraissent ternes et mériteraient des textures plus travaillées que l'Onyx Engine ne permet pas d'afficher. C'est probablement le prix à payer pour des zones certes linéaires mais très vastes, à parcourir sans aucun temps de chargement. À noter que notre version PS3 souffre de ralentissements dans les espaces les plus animés. Problème peut-être absent des autres versions.

Les personnages, eux aussi, ne marqueront pas l'histoire du genre. D'autant plus que le doublage français est de bien piètre qualité. À moins que les accents russes et autres bizarreries orales vous passionnent, il faudra encaisser ces voix avec humour, ou jouer en anglais. Musicalement, le travail accompli est réussi. Les mélodies s'accordent parfaitement avec les environnement parcourus sans pour autant être mémorables au point de les écouter chaque matin dans les transports en commun.

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Conclusion
Alors qu'un certain Diablo 3 se fait péniblement désirer, tous les regards se jettent sur la moindre aventure qui pourrait faire figure d'apéritif. Dungeon Siege III faisait partie du lot, malgré le goût amer laissé par l'opus précédent. La coopération entre Obsidian et Square Enix avait de quoi faire rêver, malheureusement la mayonnaise ne prend pas. Malgré une ambiance et un univers travaillés, la linéarité mêlée aux performances graphiques sans relief déçoivent. On se contentera de le recommander aux véritables fans du genre en manque de donjons et de créatures maléfiques typiquement occidentales.

Points forts :
+ Contexte sénaristique travaillé
+ Mode multijoueur intéréssant
+ Inventaire et compétences riches
Points faibles :
- Réalisation bancale
- Linéaire et court
- Des longueurs...
Note finale :
12/20

Bastien - 8 septembre 2011
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