Articles > Final Fantasy IV Advance : le Test
 |
Final Fantasy IV Advance
Développeur : Square Enix
Editeur : Nintendo
Support : Game Boy Advance
Genre : RPG
Evaluation PEGI : 7 ans et plus
Date de sortie :
- Japon : 15 décembre 2005
- Amérique du Nord : 12 décembre 2005
- Europe : 2 juin 2006
Acheter la version : NTSC-J | NTSC U/C | PAL
|
Surfant sur la vague des premiers Final Fantasy réédités pour l'occasion sur GBA, Final Fantasy IV nous arrive enfin dans une version améliorée et entièrement traduite dans la langue de Molière. Certes, le jeu sorti au Japon en 1991 sur Super Nintendo n'est pas de la toute dernière fraîcheur mais malgré toutes ces années, il faut bien admettre que Final Fantasy IV a su conserver ses plus beaux atouts. Mais n'est-ce là qu'un simple portage ? Rien n'est moins sûr...
UN DEBUT DE CARRIÈRE MOUVEMENTÉ
Effectuons un petit saut dans le passé et arrêtons-nous au mois de juillet 1991 pour se remémorer les mésaventures qu'a connu Final Fantasy IV. C'est une année bénie pour Square : Final Fantasy III est un véritable succès pour l'époque (même si cette réussite se cantonne au Japon) et la toute jeune Super Nintendo accueille le quatrième épisode de la série qui inaugure la nouvelle ère des consoles 16 bits. Et c'est le coup de foudre chez les joueurs : des graphismes plus fins, plus soignés (par rapport à la Nes), une ambiance sonore améliorée et un scénario accrocheur font de Final Fantasy IV un véritable hit. Surfant sur la vague du succès, Square tente alors une percée sur le marché nord-américain en sortant le jeu au mois de novembre 1991 : renommé pour l'occasion Final Fantasy II (!) pour emboîter le pas au premier épisode sorti en 1990 sur les terres de l'oncle Sam. Cette version aura brillé par son manque cruel d'intérêt. En effet, dans un souci de rendre le jeu accessible au plus grand nombre, Final Fantasy IV fut mis au régime avec des magies manquantes, des dialogues censurés, un bon nombre de scènes supprimées et une difficulté revue sérieusement à la baisse frôlant le niveau de la mer par rapport à celle de la version japonaise.
Finalement, il faudra attendre 2001 aux américains pour que sorte une version « normale » de Final Fantasy IV sur PlayStation dans un pack comprenant également le célèbre Chrono Trigger. L'Europe n'est pas en reste avec la sortie sur PSone de Final Fantasy Anthology Edition Européenne, un double pack comprenant notamment Final Fantasy IV et V non traduits et avec un mode 50 Hz accompagné de ses éternelles bandes noires.
Et ce n'est qu'en 2006 que sort Final Fantasy IV Advance sur GBA : les fans européens peuvent enfin apprécier ce quatrième volet renouant avec ce qui a fait la renommée de la série, tant au niveau du gameplay qu'au niveau de l'histoire, avec un jeu (ô miracle !) entièrement traduit en français.
UN SCÉNARIO PRENANT SUR UN FOND DE RÉDEMPTION
Ce qui fait la force de Final Fantasy IV, c'est bel et bien son scénario à la fois captivant et riche en rebondissements. L'histoire met en scène Cecil, le capitaine des Ailes Rouges, une unité de combat du royaume de Baron utilisant des vaisseaux de guerre volants. Faisant preuve d'une obéissance et d'une dévotion sans failles digne d'un bon soldat, Cecil commencera à douter du bien fondé des différentes missions qui lui sont confiées. Son périple commencera réellement à la suite du massacre des habitants d'un village d'invokeurs causé par une bombe que lui et son fidèle ami Kain transportèrent et destinée à l'origine à éradiquer quelques monstres menaçants de la région. Pris de doute et en gage de réponse à ses nombreuses interrogations, le souverain de Baron manipulé par un certain Gobez ordonnera le bannissement de Cecil. C'est alors que commence une quête difficile pour Cecil rongé par le remord et la culpabilité. Accusé de trahison, subissant le poids des morts du village devenant ainsi un véritable monstre aux yeux des habitants du monde, il n'aura de cesse de parcourir la Terre entière pour se laver de ses fautes et résoudre bien des énigmes.
Au cours du jeu, ce ne sont pas moins de 12 personnages (dont l'ami Cid !) possédant des caractéristiques propres, allant du mage noir au paladin en passant par le barde, tous jouables au cours du jeu que Cecil rencontrera.
Et c'est bien ce qui fait l'atout numéro un de Final Fantasy IV : on pourrait penser que toute l'histoire du jeu se concentre sur la quête de Cecil. La réalité est tout autre ! Chaque personnage possède sa propre histoire parfois tragique et plus ou moins liée à celle de Cecil. Leur but peut être également différent de celui du héros (on retrouve souvent le thème de la vengeance et de la justice) leur permettant d'emprunter des chemins différents. Les personnages n'en deviennent que plus attachants et le scénario se retrouve enrichi d'une intrigue qui intéresse au départ et qui passionne ensuite si bien qu'en éteignant la console, on meurt d'envie d'en connaître la suite. Sur ce point, Final Fantasy IV est une réussite en la matière !
UN GAMEPLAY DE GÉNIE
On ne le sait que trop peu mais Final Fantasy IV est l'épisode qui a vu naître en son sein la jauge Active Time Battle (la fameuse ATB) qui demeurera jusqu'au neuvième opus. Cette jauge, qui une fois remplie permet au joueur d'effectuer une action pendant un combat, a révolutionné l'approche que l'on se faisait des affrontements : ils deviennent plus intenses pour le joueur qui a désormais la capacité de peaufiner des stratégies d'attaque ou de défense selon l'ennemi rencontré. De plus, chaque personnage possédant des capacités qui lui sont propres, la manière de vaincre devient d'un seul coup beaucoup plus subtile par rapport aux épisodes précédents : on garde un joueur pour soigner le groupe, on utilise celui qui possède la plus grosse défense protéger les autres ou bien on laisse les guerriers en retrait pendant que les mages font le ménage, etc... Les possibilités semblent infinies ! La palette de sorts de magie noire et des nombreuses altérations d'état (crapaud, mini, obscurité et autres sympathies dans ce genre) renforce ce sentiment d'autant plus que les membres de l'équipe changent régulièrement au cours de l'aventure. La recette est simple mais ô combien immersive !
Mais que serait-ce un Final Fantasy sans sa mascotte ? Les chocobos sont utilisables assez tôt dans le jeu adoptant la couleur jaune, blanche ou noire, cette dernière permettant de s'envoler sur son dos. Il n'est ici d'aucune question d'élevage ou de mini-jeux pour capturer un chocobo : il suffit simplement de se rendre dans des forets où nichent ces gros poussins et de "discuter" avec eux pour pouvoir les utiliser. Pas la peine de se compliquer l'existence !
LA PERFECTION N'EST PAS DE CE MONDE
Tout est donc parfait dans Final Fantasy IV ? Pas vraiment, car le jeu date de 1991 et cela se voit ! Malgré une version GBA aux textures améliorées par rapport à la version d'origine, il est clair que Final Fantasy IV Advance n'a pas de quoi impressionner graphiquement : sans être hideux, les décors demeurent simples, sans excès et fioritures qui risquent de rebuter certains joueurs pour qui la qualité graphique d'un titre passe avant tout. Si vous êtes de ceux-là, passez votre chemin ! Les graphismes du jeu ont une petite touche de naïveté des jeux anciens avec lesquels on s'amuse pourtant énormément. On notera également l'apparition du Mode-7 permettant de donner une illusion de profondeur en 3D pendant les déplacements en aéronef et ce sur une la base d'un environnement en 2D. Un vrai régal ! L'effet visuel des sortilèges et des invocations durant les combats est bien rendu. On regrettera quand même le manque de clarté de certains objectifs où l'on se retrouve parfois à déambuler sur l'atlas ne sachant pas trop où aller ni quoi faire. C'est assez frustrant. La carte quant à elle n'est accessible que via le menu sous la forme d'un sortilège coûtant 2 points de magie : énervant à la longue si l'on souhaite se repérer dans le vaste monde du jeu. Pour terminer cette liste peu flatteuse, quelques ralentissements sont à déplorer pendant les phases de combat où l'action se bloque pendant quelques très courts instants. Rien de bien méchant pour la suite mais cela dégage le sentiment désagréable d'une adaptation faite à la va-vite et moyennement travaillée : le petit détail qui déçoit en quelque sorte.
|
Le portage sur Game Boy Advance d'un des titres phares de la série devrait ravir les fans et permettre à celles et ceux que l'anglais rebute de goûter à l'épisode ayant donné ses lettres de noblesse à Final Fantasy. Doté d'une durée de vie importante (comptez une quarantaine d'heures de jeu, plus si vous souhaitez complétez le bestiaire) et d'un donjon exclusif de 50 niveaux, Final Fantasy IV Advance ne retiendra pas l'attention par ses graphismes qui font sourire gentiment ou qui rebutent. Mais comptant sur un scénario bien ficelé et sur des personnages attachants à défaut d'être charismatiques, le soft attirera à coup sûr les nostalgiques des RPG de la Super Nintendo mais également les curieux des anciens Final Fantasy remis au goût du jour. |
- Les graphismes d'antant
- Scénario et durée de vie
- Intégralement traduit en français |
- Les graphismes d'antant !
- Blocages pendant les combats
- On se perd souvent
|
15/20
|