Articles > Test de Blue Dragon
Le premier jeu du très prometteur studio Mistwalker (lancé par Hironobu Sakaguchi) a enfin vu le jour en Europe ! Pour fêter l'évènement, Sakaguchi a fait un petit détour par la France lors de la dernière Japan Expo pour présenter son oeuvre. Le 16 août dernier, nous étions également invités par la société Heaven à tester la version finale du jeu.
Voici donc un tour d'horizon de ce RPG nouvelle génération, sorte de mélange organisé des différentes expériences vidéoludiques que nous avons eu l'occasion de voir passer sur nos écrans ces dernières années. Le résultat ? Le voici en quelques lignes.
Un scénario digne d'un shônen
Le contexte et l'histoire d'un jeu, et surtout d'un RPG, ont une importance capitale. Combien de fois nous sommes-nous retrouvés devant un titre mettant en scène un jeune garçon combattant le grand méchant avec ses amis, et découvrant le pouvoir qui l'anime ? Manque de chance, c'est exactement point de départ du scénario de Blue Dragon.
Néné, qui malgré son nom ridicule est le grand méchant de l'histoire, est un être horrible qui terrorise tous les dix ans le village de Talta avec son effrayant requin mécanique. Détruire, voler, et blesser sont a chaque fois ses seuls objectifs. Un jour, Shû, Jiro et Kluke trouvent le moyen de stopper leur ennemi en préparant un piège. Finalement, ils se retrouveront à l'intérieur même de la machine, et découvriront que l'effroyable contrôle des machines venues d'une autre époque, mais aussi une ombre gigantesque se matérialisant en monstre surpuissant. Quelques minutes plus tard, Shû et ses amis découvriront qu'eux aussi ont le pouvoir de combattre avec des créatures légendaires, qui leur permettront peut-être de déjouer les plants de Néné.
Vous vous en rendez compte à travers ces quelques mots, l'histoire de Blue Dragon n'a rien de vraiment original. Même le design et la psychologie des personnages (assez peu développée) est calquée sur celle des mangas shônen. Pourtant, le rythme de progression est assez agréable, et la richesse du système de combat comble les défauts du scénario.
Une réalisation inégale
Graphiquement, Blue Dragon est assez réussi. Les effets spéciaux sont de qualité, et les textures (l'eau en particulier) vraiment jolies, et quelques environnements remarquables. Les consoles nouvelle génération en ont dans le ventre, et ça se sent. On regrettera quand même l'aspect un peu plastique des monstres, mais aussi la présence de quelques décors vides et un flou quasi-permanent qui, certes, évite le chargement trop brusque de certains éléments, mais qui pourra gêner bon nombre d'entre-vous. Le jeu et les cinématiques sont très fluides, mais les temps de chargement, très nombreux, sont un réel défaut. Quelques saccades se font également ressentir à certains moments, rendant l'action assez pénible.
Musicalement parlant, il n'y a rien à redire ! Avec Nobuo Uematsu aux commandes, il était évident que l'ambiance serait très proche de Final Fantasy, mais le compositeur à moustaches a su donner vie au RPG de Sakaguchi grâce à cette bande originale mémorable. Les musiques alternent selon l'action : les combats contre les boss bénéficient d'une musique plus électrique, les phases d'exploration sont accompagnées d'un thème plus tranquille.
Par chance, le jeu est intégralement doublé en français ! Malheureusement, la qualité n'est pas au rendez-vous, et il est préférable de conserver les voix anglaises ainsi que les sous-titres français (le doublage japonais étant absent de la version finale, chez nous).
Un gameplay particulièrement réussi
Entrons dans le vif du sujet, et parlons du gameplay de Blue Dragon. Celui-ci est un concentré de bonnes idées rassemblées dans un même jeu, et repensées pour faire de ce titre une référence en matière de RPG.
Tout d'abord, Blue Dragon ne dispose pas de combats aléatoires ! En effet, les ennemis sont visibles sur la carte, et le joueur choisi de les affronter. Une rapide pression sur le bouton X offre un léger avantage (en fait, une attaque dès le début de l'affrontement). Mais ce n'est pas tout, il est également possible de combattre en une fois plusieurs ennemis se situant dans votre champ d'action. Cette fois, c'est en appuyant sur la gâchette que c'est possible. Pendant ces combats un peu particuliers, les ennemis vous combattent, mais se combattent également entre eux (c'est ce qui se produit quand apparaît à l'écran "duel de monstres"). Ce concept permet à la fois de gagner un max d'expérience, mais également du temps, vu le nombre assez impressionnants de monstres qui peuvent rôder dans les alentours. Plus tard dans le jeu, il est également possible de devenir invisible ou encore de gagner automatiquement un combat contre un ennemi faible déjà affronté (en clair, en approchant du monstre, celui-ci disparaîtra et vous donnera les points d'ombre que vous auriez emmagasiné si vous l'aviez affronté). Il y a donc de multiples manières de faire progresser rapidement ses personnages tout en évitant de trop nombreux temps de chargement.
Les combats adoptent un système similaire à celui de Final Fantasy X, où l'ordre de passage est indiqué en haut de l'écran par des petites icônes. Celui-ci permet d'adopter une stratégie unique, qui favorise la réflexion à l'action bête et méchante. Ajoutons à cela des magies variées et des classes d'ombres (mage blanc, mage noir, assassin, etc.) aux capacités nombreuses, et l'on obtient un résultat plutôt complet, et finalement assez plaisant. L'utilisation des ombres en combat est toujours un plaisir, tant il est tordant d'éliminer un monstre (voire un boss) en deux temps, trois mouvements.
Un RPG trop facile ?
Non, nous n'irons pas jusqu'à dire que Blue Dragon est trop facile, mais il est évident qu'un manque de difficulté se fait parfois cruellement ressentir. Avec toutes les astuces que le système de jeu permet de mettre en place, il est possible de gonfler les statistiques de ses personnages en un rien de temps. Du coup, la plupart des boss sont une partie de plaisir, et la stratégie qui pouvait être élaborée au début du jeu disparaît peu à peu pour laisser place à la frénésie. Que les hardcore-gamers ou les amateurs de difficulté ne se fassent pas d'illusions, donc...
Mais même si la progression est trop rapide et que les combats peuvent être évités, la possibilité de s'essayer à quelques mini-jeux, de découvrir des quêtes annexes ou des donjons cachés permet au joueur de rester en haleine pendant environ 35 heures.
Blue Dragon n'est peut être pas à la hauteur des espérances de la plupart des joueurs. Néanmoins, il est le premier RPG purement japonais à voir le jour sur la console de Microsoft. C'est également le premier titre de Mistwalker, qui a su assembler les bonnes idées d'ici et là, de Final Fantasy et Dragon Quest. Finalement, Blue Dragon reste très agréable à jouer, même si l'impression qu'il a été "vite achevé" revient régulièrement tout au long du jeu.
Mais nous pouvons être confiant quant aux prochains jeux de Sakaguchi (Lost Odyssey sur Xbox 360, ASH sur Nintendo DS), qui est apparemment déjà en train d'imaginer une suite à son bébé.
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- Jouabilité agréable
- Musiques excellentes
- Quelques possibilités bien pensées |
- Doublage français pas terrible
- Chargements très gênants
- Manque de difficulté |
14/20
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