Articles > Test complet de Chaos Rings
Malgré tout ce que l'on peut en dire, le marché du jeu-vidéo sur téléphone commence depuis quelques années à sérieusement s'implanter en Europe, alors qu'il est déjà bien ancré au Japon. L'iPhone, surtout, a été une révélation pour cette nouvelle génération de téléphones portables. Il est donc normal que les éditeurs importants produisent des jeux sur ce support. Après les échecs Hills and Rivers Remain et Song Summoner, Square Enix n'a toujours pas lâché le morceau et nous pond un RPG de qualité sur le mobile d'Apple. Impressions sur cette aventure de poche.
![]() ![]() Une arche, huit personnages, un mystère
Comme chacun le sait, le choix du support d'un jeu-vidéo réserve beaucoup de contraintes en fonctions de ses spécificités techniques. Dans le cas de Chaos Rings, le scénario est l'un des premiers à en pâtir, suivi de près par la liberté d'action qui aurait pu être beaucoup plus grande. Square Enix et Media Vision ont donc fait un compromis en réalisant un soft en pseudo « chambre close ». Dès les premières minutes, le joueur est lâché dans l'Ark Arena pour des raisons obscures qui ne seront dévoilées qu'à la fin de l'aventure. Les protagonistes ne savent pas non plus pourquoi ils ont été amenés ici et vont tâcher de comprendre ce qui se trame au fil des évènements. Pour l'occasion, ils sont regroupés en binôme et doivent survivre jusqu'à la fin du tournoi qui les opposera aux autres participants. En fait, l'essentiel du jeu repose sur la psychologie des personnages et les relations qu'ils entretiennent entre eux. Trouver et parvenir à comprendre les liens qui unissent ces duos sera donc votre objectif premier. Les héros profitent ainsi d'un background soigné et intéressant, qui passe par toutes les bonnes intentions qui se font dans le domaine en évitant toujours intelligemment la plupart des clichés du RPG. On finit par les apprécier, voire à en détester certains, et l'on reste intrigué piqué par une curiosité entretenue grâce au rythme de la narration.
Malgré cette simplicité scénaristique qui consiste à regrouper des combattants venus des quatre coins du monde et les faire se confronter, vous découvrirez dans la seconde partie du jeu (après une première « fin ») tous les enjeux et le background fouillé de l'univers de Chaos Rings. En effet, ce n'est qu'en prenant en main tous les couples et en finissant pour chacun d'eux les deux fins que vous aurez accès à la véritable conclusion imaginée par le scénariste Yukinori Kitajima. De quoi assurer une bonne quarantaine d'heures de jeu dans un univers prenant et surprenant ! ![]() ![]() L'apprenti sorcier
Le gameplay du jeu est en soi plutôt classique. On dispose d'attaques magiques, d'objets divers et variés, d'attaques frontales, et les combats se déroulent au tour par tour, l'avantage allant au personnage ou ennemi ayant la plus grande agilité. La subtilité et le côté inédit de cette mécanique se trouve dans la manière d'apprendre les compétences : grâce à l'ADN du bestiaire, décomposé en plusieurs races. La première fois que vous combattez un ennemi d'une race jusque-là inconnue, vous récupérez son code génétique. En éliminant toujours plus de ses semblables, vous apprendrez petit à petit chacunes des compétences associées au gène. Bien entendu, vous ne pourrez pas vous servir de tous les codes génétiques au combat, vous ne pourrez donc en équiper que trois. Les compétences restent nombreuses et variées et vous permettent de concevoir des stratégies plus ou moins efficaces.
L'aspect tactique ne s'arrête pas à ces seules considérations. Vous devrez y ajouter un système d'anneau (qui a donné son nom au jeu), visible en haut à gauche de l'écran. Au début neutre, l'anneau basculera à votre avantage ou non en fonction du déroulement du combat. Ainsi, si vous effectuez la première attaque du combat, l'anneau se remplit de turquoise, ce qui indique que vous avez le dessus. Lorsque c'est le cas, vous subissez moins de dégâts et frappez plus fort. L'inverse peut évidemment se produire, auquel cas ce cercle se colore en rouge. Il est bien heureusement possible d'inverser la tendance : attaquer fera diminuer la progression du remplissage de l'anneau et la fréquence des coups critiques ; l'élimination d'un ennemi encore plus. Un système judicieux donc ! ![]() ![]() Une autre dimention du sytème de combat est la possibilité d'effectuer des attaques en tandem. Mais à la différence de la plupart des RPG, une technique en duo a quelques conséquences sur l'issue du combat. La première est que vous infligez naturellement plus de dégâts, que ce soit en effectuant une magie ou une attaque avec votre arme. En revanche, si l'ennemi visé attaque, les deux personnages seront touchés. Cela accentue une nouvelle fois le côté stratégique des affrontements. Cette possibilité vous permettra bien souvent de terminer un combat qui traînerait trop en longueur.
L'exploration est tout ce qu'il y a de plus classique, et occupe une large place dans votre temps de jeu. On vous envoie régulièrement vous entraîner dans plusieurs environnements, assez linéaires soyons honnêtes. L'iPhone n'ayant pas de pad, vous dirigez tout à l'aide de votre doigt, comme dans la plupart des dernières productions sur cette machine. La prise en main se révèle donc pratique et efficace. Parfois, vous serez transportés dans une salle étrange où sont disséminés des blocs de couleurs. Ces salles représentent tout simplement les énigmes du jeu. Il existe plusieurs manières de résoudre ces puzzles, dépendant du monde que vous êtes en train de visiter. Tout vous est bien sûr expliqué à chaque fois qu'un nouveau type d'énigme se présente à vous. Celles-ci, malheureusement peu nombreuses, passent par la simple téléportation à l'allumage de bougies. Un nombre limité d'actions corse bien sûr l'affaire. ![]() ![]() Une PSP de poche ?
Côté réalisation, il faut bien avouer que Square Enix et Media Vision ont mis les petits plats dans les grands pour satisfaire un large public. Techniquement, Chaos Rings est quasiment irréprochable. La 3D est un bonheur pour les yeux et la qualité générale se rapproche sérieusement d'un jeu de PSP. Décors, sprites des personnages, animations, effets spéciaux, tout est parfaitement contrôlé. D'ailleurs, cette direction artistique a parfois des faux airs de Final Fantasy VIII. Le rendu est encore plus agréable sur la version optimisée iPad en haute définition. Malheureusement, et c'est là un défaut majeur du titre, les possesseurs d'iPhone antérieur à la version 3GS subiront des ralentissements très gênants. Si gênants qu'il est dans ce cas véritablement déconseillé de télécharger ce titre au prix normal de 10,49 euros.
La bande sonore composée par Noriyasu Agematsu (plutôt habitué aux OST d'animes japonais) est digne des meilleures productions de Square Enix. Avec sa chanson thème accrocheuse et ses rythmes tantôt ravageurs, tantôt mélodieux, il n'est pas rare de vadrouiller sans but aucun pour jeter une oreille aux quelques notes qui accompagnent l'action. Les interfaces, elles, sont parfois austères, mais très intuitives, donc accessibles à tous. Encore un bon point pour le premier véritable RPG de la plate-forme. ![]() ![]()
Amaury (lecteur) - 25 novembre 2010
Consulter les autres articles | |||||||||