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Articles > Test complet de Disgaea 2: Dark Hero Days
À l'heure où le joueur est de plus en plus assisté, où le public est de plus en plus ciblé, Nippon Ichi est certainement un développeur qui est parvenu à se démarquer de la concurrence grâce à des titres totalement délirants et uniques. Après avoir littéralement explosé en Occident avec l'excellent Disgaea, véritable symbole de sa philosophie, la firme a aujourd'hui l'intention de réellement partir à l'assaut de l'Europe en publiant elle-même ses productions. Février 2010 sera ainsi une étape importante, avec la sortie sur PSP de Disgaea 2: Dark Hero Days, trois ans après un passage remarqué sur PlayStation 2. À l'heure où les Tactical-RPG sont de plus en plus susceptibles de passer à la trappe, le deuxième volet de la série fétiche de Nippon Ichi parviendra-t-il à vous séduire ?
![]() ![]() Disgaea puissance deux
Oubliés Laharl et sa quête de domination sans partage, Disgaea 2 se situe dans un monde totalement nouveau, Veldime, et met en scène une toute nouvelle brochette de personnages. Quinze ans avant le début de l'aventure, un puissant Overlord répondant au nom de Zenon a jeté un sort à la pauvre population humaine pour asseoir sa puissance. Résultat, ils se transforment tous peu à peu en démons, et oublient de plus en plus leur vie passée. Tous ? Pas tellement, puisqu'une personne y est totalement immunisée : Adell, le héros du jeu. Pour briser la malédiction et sauver sa famille, le jeune homme décide de mettre un terme au règne de Zenon. Tout commence lorsque sa mère tente d'invoquer l'Overlord : elle n'y parvient évidemment pas, mais fait apparaître quelqu'un qui lui est très proche. Il s'agit en effet de sa fille, la belle et capricieuse Rozalin. Promettant de ne pas lui faire de mal si elle l'amène à son père, Adell va parcourir Veldime en long, en large et en travers, suivi par des compagnons éclectiques et hauts en couleurs, tous bien décidés à vaincre l'Overlord.
Adell n'est donc pas le seul à occuper le haut de l'affiche, mais on ne pourrait se permettre de ne pas commencer par le Dark Hero, Axel, absolument brillant dans son rôle de débile profond. À la poursuite de sa gloire passée, le démon finira par croiser le chemin d'Adell. Voyant dans sa quête des opportunités à ne pas rater, il va mettre en place des plans tous plus farfelus les uns que les autres pour retrouver la faveur de ses producteurs, qui l'ignorent complètement après une chute de popularité foudroyante. À noter également la présence à ses côtés de son manager, qui n'est... pas insensible à ses charmes. Évidemment, l'humour est littéralement omniprésent dans ce nouvel opus, et plus que n'importe quel autre personnage, Axel est servi et sert merveilleusement cette facette du scénario. De ce côté-là, les développeurs n'y sont pas allés de main morte : Disgaea 2 est deux fois plus délirant que son prédécesseur et on ne vous le cachera pas, c'est terriblement bon. Il faut également préciser, car c'est important, qu'il ne tombe jamais dans le mauvais goût : vous pouvez y aller les yeux fermés. ![]() ![]() Bien entendu, Rozalin et la relation pour le moins intrigante qui la lie à son père tiennent aussi une place importante. Ses doutes et ses espoirs sont largement abordés au cours de l'aventure. En ce sens, on peut considérer qu'Adell, Axel et Rozalin sont les trois personnages « moteurs ». Les autres membres de l'équipe restent ainsi en retrait par rapport à eux : ce sont un peu des protagonistes unilatéraux, fixés sur un seul but. La soeur et le frère d'Adell, Hanako et Taro, rêvent ainsi respectivement de devenir une terrible Demon Lord et le servant dévoué de Rozalin. Quant à Etna, elle veut simplement... récupérer ses niveaux. Les objectifs de ces personnages secondaires restent donc originaux, et ils en sont d'autant plus attachants. Mais on aurait souhaité qu'ils soient un peu plus développés, qu'on leur découvre d'autres visages, et qu'ils ne soient pas simplement utiles à l'histoire. Les répliques fusent, les protagonistes vont toujours de l'avant et les combats toujours plus pervers s'enchaînent à une vitesse folle. C'est un peu dommage, ce rythme « trop » soutenu laisse peu de place au développement de toutes les personnalités.
Mais comme dans Disgaea: Afternoon of Darkness, un deuxième scénario est accessible lorsque l'aventure principale est terminée. Il met cette fois en scène uniquement Axel, et conte les événements qui l'ont mené jusqu'à sa rencontre avec Adell. Si la première était tout de même plus sérieuse, les personnages ayant des combats à mener et des réponses à obtenir, cette deuxième histoire est uniquement axée sur l'humour. Il n'y a donc pas de réel intérêt scénaristique, d'autant plus que seuls quatre chapitres sont au programme, mais les aventures d'Axel, toutes plus loufoques les unes que les autres, sont un vrai régal. Un ajout donc plus que tordant, mais néanmoins réservé aux plus téméraires. Car c'est avec ce scénario que le système de combat du jeu dévoile véritablement toutes ses possibilités... ![]() ![]() Un gameplay monumental
Les amateurs de Tactical-RPG comme les débutants trouveront rapidement leurs marques : les combats se déroulent sur des cartes en trois dimensions en vue isométrique. On déplace ses personnages sur des cases, on prépare le déroulement de son tour, et on part à l'assaut. Système en l'occurrence très simple, mais une fois encore, Disgaea prouve sa domination sans partage sur le genre, grâce à de petites subtilités bien particulières qui donnent une profondeur inégalée à son système de combat. Pour commencer, il est possible de soulever ses camarades ou ses ennemis pour ensuite les lancer. Technique qui peut être pratique pour parcourir de plus longues distances, ou pour effectuer une attaque groupée, en réalisant une véritable tour avec ses personnages. Lancer ses ennemis peut également mener à divers résultats, le plus célèbre d'entre eux étant sans conteste l'explosion de Prinnies.
Viennent ensuite les fameux Géosymboles, pierres colorées qui confèrent des bonus ou des malus aux cases de la même couleur. Plus on avancera dans l'aventure, plus elles seront mises à profit. Il faudra analyser avec attention leur disposition sur la zone de combat pour ne pas être pénalisé et parvenir à les détruire, à annuler leurs effets, ou à en tirer parti, et ainsi éliminer les ennemis efficacement. Détruire les Géosymboles peut d'ailleurs donner lieu de véritables chaînes, un peu comme si on faisait tomber des dominos, qui permettent d'obtenir divers objets et bonus. Autant dire que cet aspect du gameplay ajoute une grosse dose de stratégie aux affrontements, beaucoup trop pour le résumer en quelques mots. De même, si vous trouviez le système de combat du premier opus déjà incroyablement fouillé, préparez-vous à bon nombre de nouvelles surprises. Et en tête de ces ajouts, les développeurs nous ont fait le plaisir d'emprunter une page de Disgaea 3 : le Magimorph. Pour faire simple, cette nouveauté débloquée dans le scénario d'Axel permet aux monstres de se transformer en arme pendant quelques tours, et de « fusionner » avec un autre combattant. En réalité, ce dernier s'équipe automatiquement de cette arme un peu spéciale, et accède à des compétences dévastatrices. Une idée absolument géniale, qu'on met à profit avec grand plaisir. ![]() ![]() Bien entendu, il est impossible d'aborder un Disgaea sans parler de l'Item World. Il s'agit d'un « monde parallèle » accessible grâce à un objet, que ce soit une simple potion ou une arme rarissime. L'intérêt premier de ce donjon aux possibilités infinies, c'est d'améliorer les caractéristiques de son équipement. Chaque combat gagné augmente en effet le niveau de la pièce choisie, ce qui est évidemment bien pratique. Mais ce portage apporte également son lot de nouveautés pour l'Item World. Des salles spéciales y sont désormais accessibles : on y trouve des marchands bien particuliers, des trésors rares et des ennemis redoutables De plus, des gangs de pirates viendront parfois s'immiscer dans les combats. Si le joueur parvient à tous les trouver et les vaincre, il réunira les morceaux d'une carte permettant d'accéder à un niveau secret. Si l'Item World finissait par devenir redondant dans le premier volet de la série, tous ces ajouts renforcent son côté addictif, et on y pénètre en se demandant vraiment sur quoi on va bien tomber cette fois-ci. C'est bien entendu l'endroit idéal pour entraîner ses personnages, ou tout simplement pour expérimenter et profiter de toutes les subtilités du système de combat du jeu : un vrai bonheur pour les habitués, une bonne partie de plaisir pour les néophytes.
Ajoutez à cela la Dark Assembly, le tribunal des Prinnies, le Dark World, des dizaines de classes et de monstres pouvant intégrer votre groupe, une kyrielle de personnages secrets de la série et d'autres titres de Nippon Ichi, une pléthore de bonus et de niveaux à débloquer, un niveau maximal fixé à 9999, de multiples fins, et vous avez là le Tactical-RPG le plus fouillé de la PSP. Si un tel étalage de possibilités vous fait peur, rassurez-vous : on prend un véritable plaisir à les découvrir et la difficulté, progressive, est très bien dosée. Là encore, les développeurs ont su ne pas répéter leurs erreurs passées, et concocter un soft pour tous, débutants comme experts. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne la trame principale : il n'est absolument pas nécessaire de s'entraîner comme un forcené pour progresser. Si la durée de vie du jeu est théoriquement illimitée avec tant de choses à faire, comptez un peu plus de 25 heures pour terminer le scénario d'Adell en ligne droite. ![]() ![]() Une réalisation charmante
Si Disgaea 2 possède un défaut flagrant, c'est sans conteste la qualité de ses décors. On a là le portage d'un titre sorti il y a déjà plus de trois ans sur PS2, et ça se sent. On aurait réellement souhaité qu'un effort soit fait de côté-là. Néanmoins, le tout reste très coloré et diversifié, et on retrouve bien le style tout à fait charmant de la série. Le design des personnages, toujours assuré par Takehito Harada, est quant à lui irréprochable. De la jolie Rozalin aux mi-démons mi-humains Taro et Hanako, en passant par Tink, la grenouille à la double personnalité : autant dire que le casting est plus qu'alléchant et haut en couleurs. Les sprites sont d'ailleurs fidèles aux artworks, et il faut là encore souligner le travail des développeurs : les mimiques des personnages sont totalement désopilantes. Le design des monstres jouit d'ailleurs également d'une qualité toute aussi plaisante.
En ce qui concerne la bande originale, réalisée par Tenpei Sato, les fans retrouveront là aussi leurs marques. Sa griffe bien particulière colle toujours aussi bien à l'univers Disgaea. D'un côté, on a des mélodies entraînantes et totalement décalées : la chanson thème du jeu, « Sinful Rose », annonce d'ailleurs très bien la couleur. De l'autre, on trouve également des pistes plus posées et touchantes, comme la très jolie « Elegy of the Tundra ». Une OST très éclectique, donc, même si elle n'est pas particulièrement mémorable en dehors de l'aventure. C'est là qu'entre en scène l'excellent album Disgaea 2 Arrange Soundtrack, mais c'est là une autre histoire. Un dernier mot sur les doublages : une fois encore, Nippon Ichi propose aux joueurs de choisir entre les voix japonaises et américaines. Sachez simplement qu'elles sont d'aussi bonne facture l'une que l'autre, et que les sous-titres anglais sont impeccables. ![]() ![]()
Sacha - 2 décembre 2009
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