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Articles > Test complet de Disgaea 3: Absence of Justice
Nippon Ichi et la PlayStation 2, c'est une histoire d'amour déjà vieille de sept ans. Se basant sur des univers totalement délirants et un gameplay d'une profondeur presque folle, les deux premiers opus de la série Disgaea ont sans conteste apporté un souffle de nouveauté au monde du Tactical-RPG. Et avec Disgaea 3: Absence of Justice, on était en droit de s'attendre à ce que Nippon Ichi frappe à nouveau un grand coup, d'autant plus qu'il débarquait cette fois PlayStation 3. Mission accomplie ?
![]() ![]() Héros ou démon ?
Rares sont les développeurs qui se prennent aussi peu au sérieux que ceux de Nippon Ichi. Et autant vous dire tout de suite qu'ils le prouvent une fois encore avec Disgaea 3. L'histoire met en scène Mao, fils de l'Overlord de l'Académie du Mal et véritable féru de jeux vidéos et de mangas. S'il a littéralement consacré des millions d'heures de sa vie à ses passions, il n'en est pas moins ambitieux et compte bien prendre la place de son père. Pour ce faire, il a justement l'intention d'utiliser ce qu'il a appris dans ses jeux et ses lectures, puisqu'il n'est jamais allé à l'école. Ce qui fait d'ailleurs de lui un élève modèle, les délinquants étant ceux qui, au contraire, ne ratent pas un seul cours. Et pour l'aider dans sa tâche, son fidèle laquais Geoffrey a décidé de faire venir un héros, prénommé Almaz, directement du monde des humains. Amitié, amour, compassion : ce sont des sentiments qui vont contre sa nature même qu'il va devoir apprendre à connaître. Le tout, bien évidemment, avec le même humour omniprésent et terriblement efficace de la série. Démon égocentrique et sadique, Mao mène son rôle à la perfection. Ses répliques acides et ses réactions imprévisibles sont toujours désopilantes, et le fait que l'intrigue tourne entièrement autour de ce personnage très charismatique n'est ainsi pas gênant, contrairement à ce qu'on pouvait constater dans Disgaea 2.
Ses compagnons, Almaz le héros et Raspberyl la délinquante en tête, sont tout aussi attachants, et le casting de cet opus est une franche réussite. Ce qui est particulièrement vrai en ce qui concerne Almaz, auquel on peut assez facilement s'identifier. Même si c'est bien Mao le personnage principal, le joueur est bien plus amené à percevoir l'histoire et les autres protagonistes à travers les yeux d'Almaz. Le résultat est subtil, tellement qu'il est peut-être involontaire, mais en introduisant un humain tout à fait rationnel, contrairement au reste de la troupe, les développeurs ont par la même occasion renforcé l'immersion du joueur. On se laisse ainsi embarquer ainsi dans cette aventure délirante sans se faire prier, d'autant plus que l'intrigue est très bien menée. Les rebondissements et les mystères ne manquent pas, à tel point qu'on est souvent amené à revenir sur ce qu'on croyait avoir deviné des secrets des personnages. Seul reproche, on a parfois l'impression de tourner autour du pot en retournant à plusieurs reprises au même endroit. L'Académie du Mal représente en effet un monde à part entière, mais on reste un peu sur notre faim en ce qui concerne les endroits « visités ». Sentiment qui se trouve renforcé par l'absence totale d'innovation du point de vue esthétique. ![]() ![]() Du pur Disgaea
L'organisation du gameplay n'a pas changé d'un pouce dans ce nouvel opus : on se retrouve une fois encore avec une simple base comme point de départ durant tout le jeu, avec des téléporteurs, des boutiques et quelques PNJ. Les développeurs ont tout de même retravaillé quelques éléments bien connus de la série pour ajouter à la cohérence de ce nouvel univers, notamment avec la Dark Assembly transformée en Conseil d'étudiants, auquel on accède par le biais d'une salle de classe dont nous reparlerons plus bas. En revanche, le manque d'innovations marquantes en ce qui concerne l'aspect technique du jeu est vraiment regrettable, Nippon Ichi s'étant visiblement contenté de reprendre le moteur graphique des précédents volets. C'est coloré et charmant, mais les sprites sont assez flous et les décors plutôt vides, et ça passe moins bien sur PlayStation 3. Il est vrai que cet aspect désuet ne nuit pas à l'ambiance du titre, toujours aussi addictive et servie par une excellente bande son, mais on aurait vraiment souhaité que quelques efforts soient faits. En revanche, on notera la qualité du travail accompli sur les artworks des personnages et des niveaux, ainsi que sur la mise en scène dynamique de l'aventure, ponctuée par des interludes complètement loufoques.
Côté gameplay, on retrouve en grosse partie ce que proposaient les deux précédents opus. Les quelques petites nouveautés ajoutent toutefois une nouvelle dose de profondeur aux affrontements, en particulier le système de Magimorphie. Il permet de fusionner un combattant avec un autre, ce dernier se transformant alors en arme donnant accès à des compétences inédites. Les Géoblocs ont aussi été légèrement modifiés, puisqu'on peut désormais en lancer un contre une file de Géoblocs de la même couleur pour tous les faire disparaître. Mais les systèmes de jeu étant toujours aussi percutants, là où Nippon Ichi a clairement préféré aller plus loin, c'est dans la personnalisation de son équipe. En effet, on a désormais la possibilité de choisir les compétences à apprendre et de les faire monter de niveau soi-même : elles ne s'obtiennent plus automatiquement au fur et à mesure que les personnages évoluent. De plus, la fameuse salle de classe permet d'organiser son groupe pour améliorer les affinités entre les différents combattants, et notamment au niveau des assauts combinés. On peut aussi y rassembler de un à sept personnages dans des « clubs d'activités » associés à divers bonus non négligeables. Ces petites innovations ne sont bien entendu pas fracassantes, mais elles ajoutent une part de liberté appréciable. Enfin, le Monde des classes fait son apparition pour la première fois dans la série : sorte de Monde des objets exploitant les « nouveaux » Géoblocs d'une manière efficace et amusante, il permet d'accélérer l'évolution de ses personnages. ![]() ![]()
Sacha - 29 mars 2010
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