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Articles > Test de Dragon Quest Monsters: Joker
La série de jeux vidéo la plus populaire du Japon continue son bonhomme de chemin sur Nintendo DS. Après un Slime MoriMori Dragon Quest assez critiqué, la saga d'Enix s'agrandit avec ce nouveau spin-off, Dragon Quest Monsters: Joker. Une sorte d'avant goût de Dragon Quest IX qui rappelons-le est lui aussi développé sur la console portable de Nintendo.
Mais la mini-série des Monsters se démarque de la saga principale imaginée par Yuji Horii, notamment par son gameplay, plus proche d'un Pokémon que d'un RPG classique. Ce nouveau jeu addictif réussira-t-il à convaincre le public européen ?
Petit historique...
Monsters ? Qu'est-ce que c'est ? C'est la question qu'un paquet de joueurs a du se poser en voyant l'annonce de ce mystérieux RPG. Mais le concept des Dragon Quest Monsters n'est pas nouveau au Japon. C'est en 1998 qu'est sorti le premier opus sur Game Boy Color, avant même que la console ne soit disponible ! En 2001, un second épisode voit le jour puis en 2002 une compilation : Dragon Quest Monsters 1+2 sur PlayStation. Ces trois titres ont tous été publiés en Amérique du Nord quelques temps après les sorties japonaises. En 2002, les colonnes du magazine japonais Famitsu annoncent la sortie de Dragon Quest VIII et de Dragon Quest Monsters: Caravan Heart sur Game Boy Advance qui passera inaperçu, forcément (pourtant, il possède de nombreuses qualités !).
Concrètement, cette mini-série plonge le joueur dans un monde rempli de monstres à capturer, un peu à la manière de Pokémon. A l'époque, beaucoup de joueurs ont considéré qu'il s'agissait d'une pâle copie de la série à succès de Nintendo mais il suffit de s'attarder sur le jeu quelques heures pour comprendre que le gameplay est beaucoup plus fouillé. C'est donc cinq ans après la sortie du premier Monsters que cet épisode sur Nintendo DS voit le jour au Japon. L'annonce est de taille et pour cause : la Nintendo DS est au sommet de sa forme et la série est toujours aussi mythique au pays du soleil levant (faut-il rappeler que le gouvernement a imposé à Square Enix de sortir les nouveaux épisodes de la saga Dragon Quest pendant les jours fériés pour éviter un taux d'absentéisme trop important dans les écoles ?)...
Un scénario édulcoré
On le sait, la série Dragon Quest n'est pas réputée pour ses scénarios qui sont bien souvent assez légers (bien que le huitième épisode échappe un peu à la règle). Dragon Quest Monsters: Joker ne sort pas du lot et nous propose une histoire qui se résume en quelques mots. Vous incarnez le fils d'un chercheur de monstre célèbre, qui vous a enfermé pendant quelques jours pour avoir tenté de fuguer. Votre père vous libère, à la condition que vous participiez au Championnat des Dresseurs pour le compte d'une société secrète. Vous voilà plongé dans une situation bien peu confortable, car même si devenir dresseur est votre rêve, tant de mystère ne vous laisse pas sans interrogation. Vous allez donc devoir partir à la recherche de 10 cristaux répartis sur l'archipel des Archibelles (merci les traducteurs).
Ceci dit, le scénario est plutôt un prétexte, car Dragon Quest Monsters n'est pas un vraiment un RPG (bien qu'il en ait tout l'air), mais plutôt un jeu basé sur les combats, la recherche et la patience. Le but est simple : capturer, collectionner et entraîner des monstres issus de l'univers de la série afin de combattre d'autres prétendants au titre de champion. Mais quelques rebondissements n'auraient pas été de trop.
Attrapez-les tous !
Comme je le disais plus haut, la comparaison est facile ! J'irais même plus loin en disant que les adeptes de la série Pokémon apprécieront Dragon Quest Monsters sur DS. Vous devez choisir au début du jeu un montre parmi les trois qui vous sont proposés. Très vite, vous rencontrerez les premiers Slimes (pardon, les "Gluants") que vous prendrez un malin plaisir à capturer. Les combats se déroulent au tour par tour, avec au maximum trois monstres dans chaque équipe. L'écran tactile vous permet de sélectionner vos ordres (on appréciera la présence de l'option "Combattre", qui attaque directement sans avoir à passer par 50 000 menus) alors que l'écran supérieur montre l'action. Pour capturer un monstre, il vous faut avoir des bestioles assez puissantes. En effet, il n'est pas nécessaire d'affaiblir un ennemi (qu risque que ses PV tombent à 0) pour qu'il rejoigne vos rangs. En choisissant "Dresser", vos monstres feront une intimidation, faisant ainsi progressivement monter le pourcentage de réussite de capture. Bien évidemment, avec trois monstres à vos côtés, vos chances de réussites sont accrues. En cas de victoire, il vous suffit de renommer le monstre en question (chose assez pénible car c'est obligatoire !), dans le cas contraire, il devient furax et risque de vous le faire payer. Soyez sûr du coup avant de tenter un dressage !
Dans le centre de dressage, vous pourrez vous occuper de tous les monstres capturés. C'est d'ailleurs ici que vous pourrez accéder au menu Synthèse, l'un des modes les plus funs du jeu. Les monstres que vous capturez peuvent fusionner (et donc disparaître) pour donner naissance à un tout nouveau monstre original bénéficiant de certaines capacités de ses "parents". Libre à vous de faire les croisements les plus fous pour obtenir des bêbêtes au design rigolo, ou aux capacités dévastatrices. Cependant, le nouveau monstre débutera sa petite vie au niveau 1. Il vous faudra donc une fois de plus enchaîner les combats pour en faire une véritable bête de combat.
De qui se moque-t-on ?
Les combats, justement, sont un peu trop nombreux. Bien sûr, les monstres étant visibles sur la carte, il est toujours possible de les éviter (en se faisant le plus discret possible et en courant vite), mais Dragon Quest Monsters: Joker est une véritable course à l'expérience. Le nombre de capacités pouvant être apprises par un monstre est assez important, c'est pourquoi vous devrez, pour chaque bestiole, cumuler des dizaines et des dizaines d'affrontements, très répétitifs. Les accros au leveling seront ravis, les autres ennuyés.
Passons aux points noirs du jeu, probablement les plus scandaleux. Tout d'abord, la traduction française qui est plus de bancale. Certains mots sont carrément restés en anglais. C'est assez problématique, pour un titre qui se veut accessible, et surtout pour les débuts de la série en Europe. Et pour ce qui est du mode en ligne, j'ose supposer que c'est une blague. Le jeu propose au joueur d'affronter un autre fan via la connexion CWF, mais vous ne serez finalement que spectateur. En gros, vous choisissez vos monstres, et le CPU se charge du reste. Pas de réelle tactique, juste un calcul savant des statistiques de vos bestioles et de celles de votre adversaire. On se tournera plus volontiers vers le mode multijoueur, qui permet de ridiculiser vos copains eux aussi possesseurs du jeu. Décidément, entre les codes amis et les modes en ligne foireux, la Nintendo DS a encore les progrès à faire en terme de jeu online.
La DS en pleine forme !
Dragon Quest Monsters: Joker se classe probablement dans le top 10 des plus beaux jeux de la console. Les graphismes en 3D et les personnages en cell-shading sont vraiment superbes. De plus, le character-design (réalisé par le célèbre Akira Toriyama, papa de la série Dragon Ball) tout comme le bestiaire ont été très travaillés, bien que le héros ressemble à l'une de ces énergumènes qui traînent à Châtelet. Il paraît que c'est à la mode...
La profondeur de champ est particulièrement impressionnante : on voit à des kilomètres à la ronde. Tout reste fluide, la caméra est totalement libre, un régal. Petit défaut à signaler tout de même : certaines textures sont relativement grossières. Et quand il s'agit du ciel ou de la mer, sur une île, c'est assez dérangeant. Les musiques, composées par Koichi Sugiyama (habitué des Monsters), sont elles aussi de qualité, mais malheureusement assez répétitive. Les combats étant particulièrement nombreux, il aurait été judicieux de proposer davantage de thèmes.
Kyoshiro - 16 avril 2008
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