Articles > Test de Heroes of Mana
Après un Children of Mana réussi mais rébarbatif, la série Seiken Densetsu revient dans un style que l'on attendait pas vraiment, le STR, pour Stratégie temps réel. Pour l'occasion, c'est le studio Brownie Brown qui s'est attelé au développement de Heroes of Mana. Méfiant mais curieux, c'est l'attitude que l'on pouvait adopter en découvrant ce nouveau spin-off, en attendant le quatrième épisode de la série qui n'est toujours pas parvenu jusqu'à nous. Et de la méfiance, il en faut, car malheureusement ce n'est pas encore avec Heroes of Mana que Square Enix sauvera cette saga...
Une série en pleine mutationAprès s'être essayé à l'Action-RPG (limite Hack'n'Slash) avec Children of Mana, Square Enix nous propose cette fois-ci un spin-off orienté stratégie pure et dure. L'aspect RPG est bien évidemment toujours présent, mais caché, bien caché. Seiken Densetsu est décidément en constante évolution. La plupart du temps, le changement fait du bien à une série (voyez Final Fantasy XII), mais là, il faut admettre que les Mana meurent peu à peu. Mais n'enterrons pas la saga trop vite, car Heroes of Mana réserve quand même quelques bonnes surprises. Par exemple, le nombre impressionnant de personnages que vous pourrez rencontrer. Même si on aurait aimé que leur background (car chacun a une histoire ou une expérience différente) soit un peu plus fouillé.
De plus, et je l'ai toujours dit, la Nintendo DS est le support idéal pour les RPG tactiques ou les STR du genre, notamment grâce à l'écran tactile qui permet au joueur d'effectuer des actions assez intuitivement. L'histoire, qui se déroule 19 ans après Seiken Densetsu 3, est assez classique mais bien plus adulte que d'habitude. Roget et son équipage se rendent sur le territoire des Beastmen pour vérifier la rumeur disant que la tribu préparerait une attaque contre les Peddans. Finalement, l'équipe découvrira bien vite que leur général n'est ni plus ni moins que le chef de Pedda, et qu'une guerre mondiale se prépare. Ils navigueront ainsi de peuples en peuples pour combattre leur général et ses plans machiavéliques, tout en faisant face aux différents conflits sévissant entre les races peuplant le monde.
Un gameplay complet mais rigide Le jeu repose sur un système de ressources à exploiter (les pierres de Gaïa et les baies de Treant, collectées par les petits Rabbites que l'on aime tant). Ces ressources vous permettent de construire des bâtiments, et des unités (toutes extraites du bestiaire de la série) via votre vaisseau, le Nightswan. Il vous faudra toujours passer par là pour créer la moindre unité, et le protéger à tout prix, car le pauvre est très fragile lorsqu'il est au sol. Bien entendu, au fur et à mesure que vous progressez dans l'aventure, vous avez accès à un plus large choix de soldats. Mais en même temps, vos adversaires auront eux aussi des bases de plus en plus puissantes, et deviendront très difficiles à vaincre.
Il faut, avant toute chose, explorer un minimum la carte, pour connaître vos ennemis. En effet, chaque unité (ennemie ou alliée) possède, comme dans tout bon jeu de rôle, des qualités et des faiblesses. En étudiant brièvement celles-ci, vous pourrez déterminer intelligemment la stratégie à adopter en appelant vos troupes. C'est l'une des notions à ne jamais perdre de vue dans Heroes of Mana. Comme je le disais plus haut, la Nintendo DS est le support idéal pour accueillir des jeux de ce genre (voyez Final Fantasy XII Revenant Wings). Malheureusement, la jouabilité de Heroes of Mana souffre de nombreux défauts. Le stylet est évidemment mis à contribution, mais l'interface est tellement mal pensée que l'on a parfois du mal à réagir pendant les attaques ennemies. Pourtant des touches de raccourcis sont programmées pour sélectionner un groupe particulier, mais rien n'y fait. La caméra ne tourne que sur quatre angles, et le zoom est inexistant, je vous laisse imaginer la catastrophe et la solitude/frustration que l'on peut ressentir par moments. A cela s'ajoute l'intelligence artificielle qui laisse vraiment à désirer. Non seulement le pathfinding est foireux (on est habitué sur DS ceci dit), mais en plus certaines réactions des bestioles sont totalement illogiques. Du coup, on passe beaucoup de temps à vérifier que les unités font le travail demandé. Tous ces petits défauts accumulés rendent le gameplay du jeu approximatif, donc assez difficile à prendre en main, même pour les habitués. En plus d'être compliqués, certains combats sont particulièrement difficile à gérer tant l'IA est débile, et l'action confuse.
Graphiquement joli, musicalement agréable Graphiquement, il n'y a rien à redire. Heroes of Mana est réalisé en 3D isométrique avec des sprites en 2D mignons et assez détaillés. Finalement, on retrouve un peu le style graphique de Final Fantasy XII Revenant Wings, ou plus récemment Final Fantasy Tactics A2. Il est d'ailleurs marrant de remarquer que ce style assez enfantin, avec des couleurs très vives et des monstres peu effrayants sont en opposition avec le scénario noir et parfois dur (meurtres, innocents brûlés vifs, etc.). Seul détail assez choquant : alors que dans Revenant Wings, le fond du plateau était bleuté, celui de Heroes of Mana est totalement noir. Les cartes étant relativement petites, c'est quand même assez gênant, mais on s'en remettra...
La bande-son est signée Yôko Shimomura (Final Fantasy Versus XIII, Kingdom Hearts). Une fois encore, l'artiste s'est mis en quatre pour proposer des musiques collant parfaitement avec l'ambiance du jeu, et coordonnées avec l'action (ce qui n'est pas toujours évident). Cette ambiance si particulière ajoute beaucoup de maturité au titre, et amplifie le suspens de certaines scènes.
Kyoshiro - 8 novembre 2007
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