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Articles > Test de Star Ocean: Second Evolution
La vague de remakes continue en Europe, et Square Enix nous livre maintenant le second épisode de la série Star Ocean, renommé Star Ocean: Second Evolution. Considéré comme la réponse (un peu tardive) d'Enix au colosse Final Fantasy VII à sa sortie sur PlayStation en 1998 au Japon, ce RPG avait partiellement séduit les joueurs et la critique notamment grâce à ses graphismes mignons et son système de combat particulièrement intéressant. Mais presque dix ans plus tard, la recette est-elle toujours aussi bonne ?
Dans un futur proche...
Les événements de Star Ocean: Second Evolution se déroulent vingt ans après ceux de First Departure. Néanmoins, il est important de noter que vous pouvez vous lancer dans cette aventure sans pour autant avoir terminé (ou même commencé) la première. Pour cette nouvelle version, vous avez le choix entre deux personnages principaux : Claude J. Kenny (jeune garçon, fils de Ronix du premier opus) ou Rena Lanford. Votre choix, sans changer la totalité du scénario, modifiera le début de votre aventure, influencera la rencontre de certains protagonistes et changera déroulement de certaines actions.
Alors qu'il est en pleine mission de recherches sur la planète Milocinia en compagnie de l'équipe dirigée par son père, Claude examine d'un peu trop près un étrange mécanisme pourtant douteux. Il se retrouve instantanément propulsé dans une forêt et comprendra qu'il vient d'être téléporté sur une planète inconnue : Expel. Rapidement, il portera secours à une jeune fille qui le prendra pour le "Héros de la Lumière", celui qui sauvera Expel, attaquée par des monstres depuis la chute d'un météorite, le Sorcery Globe. Claude et sa nouvelle amie partiront donc à la recherche du responsable de ce chaos en partant à la rencontre de nouvelles connaissances qui pourront les éclairer. Vous en conviendrez, cette trame scénaristique semble assez pauvre. Pourtant, si une grande partie des dialogues aurait pu être écourtée (il n'est pas rare d'avoir à subir une vingtaine de minutes de conversations stériles impossible à zapper), la suite sera un peu plus palpitante notamment grâce à quelques coups de théâtre et aux "Private Actions" qui peuvent être déclenchées de temps en temps, permettant aux personnages de vivre leur vie chacun de leur côté à l'entrée de certains villages. Mais dans l'ensemble, on regrettera qu'un jeu dont le titre évoque la conquête de l'espace ne propose finalement aucun voyage inter-galactique. La réelle nouveauté de ce remake est bien l'intégration du doublage américain. Si celui-ci est parfois un peu surjoué, il a le mérite d'apporter une certaine crédibilité au tout. Mais cette amélioration possède aussi un inconvénient certain : les courts temps de chargement avant chaque intervention. Je vous laisse imaginer la situation quand il s'agit des longues discussions naïves dont nous parlions plus haut. Et pour couronner le tout, il est impossible de désactiver les voix. Pour en finir avec les choses qui fâchent, on notera que Square Enix a préféré conserver les textes anglais pour cette version européenne, alors même que le jeu original sorti en 2000 avait été traduit (dans un français approximatif, certes). Voilà qui devrait assurer d'excellentes ventes...
Copier-coller
Pour cette première expérience PlayStation, Enix avait fait le choix de mêler sprites de personnages en 2D sur des environnements en 3D. Si le résultat était plutôt convainquant en 2000, il est clair que ce n'est plus le cas en 2009. Pendant les phases d'exploration, les décors sont ternes, inanimés pour la plupart, et tentent péniblement d'être réalistes dans leur perspective. Ils ont surtout été très mal optimisés. On se retrouve avec des paysages flous sur lesquels se superposent des sprites grossiers qui semblent directement venus d'ailleurs. C'est dommage, car un effort a été fourni sur la mise en scène, avec l'ajout de nombreuses cinématiques en dessin animé du studio Production I.G. plutôt réussies.
Mais c'est sur la carte du monde (reprise de Final Fantasy VII) que le résultat est encore plus inquiétant. La 3D est assez jolie, l'animation fluide, mais une brume très épaisse vient obstruer la visibilité à moins de dix mètres. Pourtant, chez la concurrence, ce problème n'existait pas à l'époque. Difficile de croire que sur PSP, aucune solution n'ait encore été trouvée. Du coup, lors de vos déplacements rapides à bord des différents véhicules (ou créatures, là encore inspirées de la saga de Square), le plaisir sera gâché par ce brouillard de guerre intolérable et un clipping indigeste. Heureusement, les combats bénéficient d'une réalisation bien plus convaincante. Les décors sont très jolis, les sprites un peu mieux incrustés et les effets spéciaux lumineux et spectaculaires. Parlons musique ! Comme pour la plupart des jeux tri-Ace, c'est Motoi Sakuraba qui s'est collé à la composition de morceaux toujours aussi réussis. Les thèmes principaux des personnages et ceux mettant en valeur les scènes d'action et les combats sont de grande qualité. C'est bien là l'un des véritables atouts du soft d'ailleurs.
Envie de challenge ?
Vous l'aurez compris, la réalisation de ce remake laisse à désirer. Heureusement, Square Enix peut compter sur la richesse du gameplay de Star Ocean: Second Evolution pour limiter la casse. Vous le savez si vous avez lu nos impressions sur le premier épisode, le système de la série Star Ocean repose sur les bases du système de Tales of Phantasia. Ceci se manifeste par des combats en temps réel particulièrement dynamiques. Sur quatre personnages présents en combat, vous prenez le contrôle de l'un d'entre eux à la fois et laissez les autres agir comme bon leur semble. Il est toutefois possible de définir la stratégie de vos compagnons ou de changer de personnages pour vaincre les ennemis plus facilement. Et dans cet épisode, l'intelligence artificielle des alliés a été accrue : si vous êtes empoisonné par exemple, vous serez très vite soigné par un compagnon sans que vous ayez à fouiller dans votre inventaire.
A la fin de chaque combat, les personnages remportent des points d'expérience et peuvent gagner des niveaux. Ceci se traduit par de meilleures statistiques générales et l'obtention de points de compétences à répartir parmi la longue liste des spécialités qui s'offrent à vous. Ce choix peut concerner aussi bien vos performances en combat que vos talents en matière de cuisine, couture, dessin... Ainsi, en répartissant intelligemment les savoir-faire de chacun de vos personnages, vous pourrez créer vos propres objets, des équipements inédits ou même des compositions musicales ! Ce système est très addictif, et rend le levelling (fortement conseillé !) plutôt intéressant. Mais une fois encore, il est fortement inspiré du blockbuster de Namco. La durée de vie du titre se révèle donc très correcte. Exemplaire, même, pour les plus furieux qui voudront exploiter à fond les skills les plus intéressantes et accomplir toutes les quêtes annexes. Sans oublier qu'il est nécessaire de terminer le jeu au plusieurs fois pour découvrir les 11 personnages jouables (différents selon le personnage de départ) et voir les quelques 80 fins alternatives dans les différents niveaux de difficulté proposés.
Kyoshiro - 10 mars 2009
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