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Articles > Test complet de Star Ocean The Last Hope -International-
Dernier Star Ocean pour le producteur de la série Yoshinori Yamagishi, The Last Hope débarque en février dernier sur nos PlayStation 3, quelques huit mois après sa sortie sur Xbox 360. Cette version International n'apporte avec elle que des ajouts mineurs, comme les doublages japonais et la possibilité de changer le style des menus. Inutile donc de tenir compte de ces petites innovations insignifiantes, allons plutôt droit au but : que vaut Star Ocean The Last Hope ?
![]() ![]() Avis de noyade
Après la Troisième Guerre Mondiale, la Terre se retrouve complètement ravagée et inhabitable. Les humains, contraints de se réfugier sous terre, finissent par se tourner vers l'espace dans l'espoir d'y trouver une planète colonisable. Edge Maverick et Reimi Saionji, deux jeunes gens excités à l'idée de porter sur leurs épaules une tâche si importante, font partie de l'expédition. Mais hélas pour eux, les choses ne se déroulent pas du tout comme prévu et la situation semble rapidement désespérée. Si la cinématique d'ouverture introduit plutôt bien le contexte et l'univers, la désillusion ne tarde pas. Incapable de trouver son rythme, mettant en scène des intrigues vues et revues, le scénario du jeu ne parvient jamais à susciter le moindre intérêt chez le joueur. En vérité, la faute est largement attribuable à l'absence de véritable fil conducteur évident : le tout ressemble plus à un collage d'idées empirique. Résultat, l'histoire est totalement décousue et hétérogène. Certes, certaines idées sont intéressantes, mais elles sont tellement mal exploitées qu'on n'en tire aucun plaisir. Ce n'est qu'au bout de trente heures de jeu qu'on distingue enfin où ont voulu en venir les développeurs. Mais quand il n'en faut que trente-cinq pour le terminer, on a au final l'impression de n'avoir rien accompli.
En vérité, le problème ne s'arrête pas là. Malheureusement pour nous, les acteurs de l'aventure sont, disons-le franchement, absolument minables. Comment éprouver un semblant de sympathie pour ces personnages à la personnalité fade pour certains, aberrante pour d'autres, et parfois même carrément exécrable ? Edge, qui est pourtant le protagoniste principal, fait partie des plus détestables. Constamment mis sur un piédestal par ses compagnons alors qu'il n'a rien de spécial ne fait d'exacerber le dégoût qu'on ressent à son égard. Mais encore une fois, le problème de s'arrête pas là. Le scénario est en effet noyé par des cut-scenes inutilement longues, défaut récurrent de la série, et des dialogues maladroits et incohérents. Le besoin constant des personnages de s'excuser et de se remercier, même dans les situations d'urgence, en est un exemple assez parlant. Pour ne pas arranger les choses, les dialogues, qu'ils soient en japonais ou en anglais, sonnent faux et sont en grande partie mauvais. ![]() ![]() Écran de fumée
Côté gameplay, The Last Hope reprend point pour point les systèmes de jeu de ces prédécesseurs, mais introduit également quelques nouveautés. On trouve ainsi une jauge de vitesse, qui se remplit au fur à mesure des coups portés et reçus, et qui permet d'améliorer temporairement les caractéristiques des combattants. On peut également déclencher des attaques éclair pour prendre les ennemis par surprise et leur infliger des coups critiques. Enfin, un tableau de quatorze petites cellules fait son apparition à droite de l'écran : en accomplissant certaines actions, comme tuer plusieurs ennemis en un coup, on obtient des bonus cumulables d'un combat à un autre, comme un bonus de points d'expérience. Si le tout est plutôt amusant au départ, les affrontements deviennent très rapidement répétitifs à souhait par manque de profondeur. La tactique consiste en effet presque toujours à matraquer la touche attaque et les gâchettes de compétences pour infliger un maximum de dégâts. L'intelligence artificielle des personnages est de plus assez bancale : ils n'ont que faire des attaques élémentaires absorbées par les ennemis, et ne se soignent jamais d'eux-mêmes. Et quand les affrontements sont conçus pour être résolument dynamiques, c'est plutôt frustrant.
Le titre se distingue également par son abondance d'activités annexes qui, au final, n'ont pas grand intérêt. La grande majorité des quêtes consiste en effet à tuer des monstres, aller trouver un PNJ, ou fabriquer un article via la création d'objets, système indéniablement riche mais plutôt fastidieux. Pour essayer de relever un peu l'intérêt qu'on porte aux affrontements, les développeurs ont conçu quelques 900 trophées de combat (100 par personnage) qui se débloquent automatiquement si le joueur remplit la condition requise pour les obtenir. Conditions qui sont, pour la plupart, assez ridicules : par exemple, infliger exactement 32,768 points de dégâts, ou sauter 1000 fois. Qui diable irait passer son temps à essayer d'obtenir autant de trophées aussi peu motivants ? The Last Hope a au moins le mérite de proposer plusieurs niveaux de difficulté à débloquer. Toute la question est de savoir si vous aurez le courage de retraverser toute l'aventure simplement pour le challenge. ![]() ![]() Habillage d'un goût douteux
D'un point de vue artistique, le résultat est loin d'être fameux. Les décors sont soit trop fades, soit surabondants de détails, et les couleurs sont parfois ternes, parfois agressives. La gestion de la lumière est aussi inégale, et souvent aveuglante sans raison apparente. The Last Hope ne s'en tire honorablement que lorsqu'il fait dans le classique : si l'architecture des vaisseaux est particulièrement ignoble, les villes et villages médiévaux sont tout juste acceptables. En clair, il faudra aller voir ailleurs pour l'originalité. C'est un peu la même histoire en ce qui concerne le design des personnages et des monstres, quelle que soit leur race, qui manque cruellement d'inspiration. On prendra ici pour exemple les Cardianiens, une race de lézards humanoïdes maléfiques dont l'apparence n'évoque pas le moindre sentiment de peur chez le joueur. La modélisation des personnages, quant à elle, se passe de tout commentaire. Un dernier mot sur les musiques de Motoi Sakuraba, tellement médiocres qu'elles en deviennent anecdotiques. Les mélodies sont presque archaïques, et il est clair que le compositeur a cherché à leur conférer une dimension épique qu'elles ne parviennent pas à atteindre. C'est triste à dire, mais l'univers de The Last Hope est plus repoussant qu'autre chose.
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Sacha - 14 mars 2010
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