Articles > Test de The World Ends With You
 |
THE WORLD ENDS WITH YOU
Test complet de la version française
Editeur : Square Enix
Développeur : Jupiter
Support : Nintendo DS
Genre : Touch Action RPG
Dates de sortie :
- Japon : 27 juillet 2008
- Amérique du Nord : 22 avril 2008
- France : 18 avril 2008
Site officiel : www.theworldendswithyou.fr
Boutique : acheter la version française |
Je suis une mauvaise langue. En juillet dernier, je concluais ma preview de It's a Wonderful World en disant qu'il y avait peu de chances qu'un titre aussi particulier ne voit le jour en France. Perdu, The World Ends With You (c'est son nom en occident) est bel est bien là, et nous fait même l'honneur de sortir quelques jours plus tôt qu'en Amérique du Nord, en anglais cependant.
C'est parti pour un test complet qui vous présentera le nouvelle tuerie de Tetsuya Nomura sur Nintendo DS en long, en large et en travers.
Le compte à rebour est lancé
The World Ends With You prend place dans l'un des quartiers les plus branchés de Tokyo : Shibuya. Evidemment, pour nous européens, c'est peu parlant, mais au Japon c'est un endroit particulier, très peuplé et rempli de magasins de modes que les japonais adorent. Un cadre original donc, accompagné de personnages au design très stylisé (Tetsuya Nomura oblige) rappelant les séries Kingdom Hearts et Jet Set Radio, mais nous y reviendrons plus tard...
Un jour, le jeune Neku Sekuraba, se réveille en plein milieu de Shibuya sans trop savoir comment il est arrivé ici, arborant un étrange badge noir et blanc. En le regardant de plus près, Neku entend subitement des voix dans sa tête : il semble qu’il puisse lire dans l’esprit des gens. Il reçoit ensuite un inquiétant message sur son portable disant qu’il dispose de 60 minutes pour accomplir une mission. S’il échoue, il disparait... Il rencontrera plus tard Shiki Misaki avec qui il fera équipe toute la semaine à venir pour survivre contre les attaques incessantes des « Noise » (les monstres du jeu) ainsi que des Reapers (les Maîtres du Jeu en quelque sorte), et résoudre les différentes missions qui leur seront confiées.
Le jeu est découpé en 3 grandes phrases : les phases de combats (dynamiques à souhait mais nous en reparlerons plus loin dans notre test), les phases d’exploration durant laquelle vous vous baladez dans Shibuya aussi librement que vous le souhaitez, à la recherche d’indices et autres, et enfin les phases de dialogues qui tiennent une grande place dans The World Ends With You.
On peut émettre dès maintenant quelques critiques concernent ces deux dernières phases. En effet, les phases d’exploration sont un peu limitées car de nombreux murs invisibles se dresseront sur votre route si vous tentez, ne serait-ce qu’un peu, de vous éloignez de la route principale. Tant pis alors pour la virée shopping que vous aviez prévue... La deuxième critique concernant les phases de dialogues est assez simple : le cruel manque de traduction française.
Mais en fait, ces deux reproches sont plus des remarques qu’autre chose, car si, comme beaucoup, vous vous perdiez sans cesse dans les contrées labyrinthiques d’Ivalice dans Final Fantasy XII, le fait que le jeu soit assez dirigiste vous évitera des prises de tête. Et, en ce qui concerne la langue, l’ambiance générale du jeu n'aurait-elle pas été ternie si le jeu avait été traduit ? On peut se poser la question en voyant la traduction de certains jeux...
Un jeu qui risque de diviser
Vous l’auriez sûrement compris, The World Ends With You délaisse l’aspect « fantasy » cher à Square Enix pour se placer dans une ambiance street-underground très particulière. C’est pourquoi il est très dur de décrire objectivement ce jeu car soit on est fan, soit on déteste !
Les graphismes du jeu sont plutôt jolis mais je préfère laisser ceci à l’appréciation de chacun. En fait, ceux-ci varient grandement selon la phase dans laquelle vous vous trouvez.
Les phases de combat et d’exploration font apparaître des sprites assez gros et détaillés mais, dès que Neku et son allié s’approchent un peu trop de la caméra, ceux-ci pixellisent légèrement (un peu le même phénomène que l’on trouvait dans Revenant Wings mais en moins grossier). Les mouvements des personnages sont plutôt fluides et, fait étonnant, même dans les endroits les plus bondés durant les phases d’exploration et quelque soit le nombre de Noise lors des combats, aucun ralentissement n’est à noter. L'explication évidente, c'est que la 2D demande moins de ressources qu'un jeu en full-3D.
Les phases de dialogues rappellent un peu celles de Chains of Memories dans leur déroulement. Durant les phases d’exploration, il se peut que vous rencontriez un personnage. Cliquez sur ce dernier et l’écran du haut servira alors à afficher le dialogue. Apparaîssent alors les artworks (très jolis) des acteurs du dialogue. Les personnages bénéficient de différentes expression comme la tristesse, la colère, la surprise, ce qui permet de dynamiser un peu les choses.
Les musiques aussi sont d’un style particulier, composées par Takeharu Ishimoto (compositeur dans Crisis Core et programmeur du synthétiseur dans de nombreux autres jeux de Square Enix), dans un style pop-rock-électro. En fait, la musique est elle même assez difficile à décrire. Certains diront que la bande-son est géniale, car se mariant parfaitement avec l’ambiance underground du jeu (c'est vrai !), d’autres diront que les musiques sont nulles : tout dépend de vos préférences en matière de musique ! Mais par contre, il est sûr que certaines musiques sont assez répétitives surtout le thème principal du jeu (que vous entendrez en ouvrant votre portable), mais ne vous en faites pas, il existe de nombreux thèmes de combats différents. Vous vous surprendrez même à croiser les doigts avant chaque combat pour pouvoir vous battre en écoutant votre musique préférée !
Badges, mode et rock'n'roll
Parlons des combats. Encore une fois, ceux-ci risquent de diviser les joueurs : certains les trouverons originaux et jouissifs, d’autres diront qu’ils sont bordéliques. Laissez moi cependant vous expliquer comment se déroulent les combats dans The World Ends With You.
Vos armes de base dans ce jeu sont les pins (badges) que vous glanerez ici et là au cours de vos pérégrinations. Le jeu en dispose de plus de 300, et quand on sait qu’à chaque badge est attribué un pouvoir différent, cela fait beaucoup de possibilités. Une fois que vous avez choisi les 6 badges qui vous accompagneront pendant quelques temps, les choses peuvent commencer.
Les affrontements se déroulent sur les 2 écrans simultanément, Neku étant sur l’écran du bas et votre allié du moment sur l’écran du haut.
Pour contrôler votre allié, il vous suffit de recopier à l’aide de la croix multidirectionelle (ou les boutons A B X Y pour les gauchers, une bonne initiative) l’une des 3 combinaisons affichées. Plus vous êtes rapides et plus vous pourrez enchaîner les coups mais attention, ce n’est pas tout ! Prenons l’exemple de Shiki : 3 cartes sont disposées, face cachée, en haut de l’écran supérieur. De droite à gauche, le joueur doit deviner le symbole de chaque de carte. Comment ? A la fin des 3 combos possibles sont disposés 3 cartes différentes (croix, rond ou vagues) et une fois le combo fini, vous gagnez la carte qu’il y avait à la fin de celui-ci… Une fois les 3 cartes révélées, une attaque « fusion » est alors disponible, mettant en jeu les deux combattants pour une superbe attaque (il existe 3 attaques fusions différentes par personnage !). Le mécanisme est à peu près le même pour les deux autres personnages jouables. Passons maintenant à l’écran inférieur...
Pendant que votre allié au dessus tente par tout les moyens de repousser les Noises un peu trop collants, Neku a lui aussi beaucoup à faire. Vous le dirigez avec le stylet : il suffit de le cliquer cliquer puis de faire glisser le stylet vers l’endroit où l’on veut qu’il se rende. Mais, le stylet sert surtout et avant tout à activer les pouvoirs (psychs) contenus dans les badges. Il vous faudra toucher les ennemis, les trancher de bas en haut, de haut en bas, tracer des cercles, lancer des objets, gratter l’écran, souffler ou bien même crier dans le micro, en un mot : vous ne passerez plus jamais inaperçu dans le train ! Et plus vous finissez les combats rapidement, plus vous aurez de chance d’obtenir de l’argent ou bien même de nouveaux badges à la fin du combat
Imaginez-vous maintenant en train de combattre sur les deux écran en même temps : jouissif ! Et je peux vous garantir qu’à la fin de chaque combat (surtout contre les boss), vous vous surprendrez en train de reprendre votre souffle tellement les combats sont intenses et mettent vos nerfs à rudes épreuves ! Pour ceux qui ont toujours du mal à gérer les deux écrans en même temps, il est possible de faire en sorte, via le menu principal, que ce soit l’ordinateur qui gère les mouvements de votre allié, ce qui facilite grandement la tâche. De plus, une lueur verte passe sans cesse d'un personnage à l'autre : c'est une aide qui vous donne le rythme d'alternance idéal à avoir.
Maintenant que nous venons de décrire les armes de Neku ainsi que le déroulement des combats, venons en aux protections. Finis heaumes poussiéreux et autres plastrons rouillés, laissez place à la mode ! 13 grandes marques se battent dans Shibuya pour avoir le monopole du vêtement, qui va de « Lapin Angélique » (en français dans le jeu) à « Natural Puppy » en passant par « Jupiter of the Monkey » et autres. Chacune de ces grandes marques dispose d'un ou plusieurs magasins dans Shibuya et propose chaussures, jeans, vestes, casquettes. Le choix est tout simplement hallucinant ! Et plus vous achetez de fringues dans un magasin, plus vous aurez de choix ! Chacun de ces objets dispose de caractéristiques propres (+2 en attaque, +5 HP, etc.) et de capacités spéciales (« Quand Neku est équipé de cet objet, il pourra... »). De plus, chaque quartier de Shibuya dispose de sa marque fétiche : si vous êtes vraiment habillé à la mode, vos badges voient leurs attaques augmenter de 50%, et inversement, si vos vêtements « craignent trop », alors les attaques de vos pins seront diminuées ! C’est la dure loi de la mode !
Hormis les vêtements, vous pouvez acheter dans les magasins des CD (des morceaux issus de la BO), de nouveaux pins, des quoi vous sustenter, etc.
Le bonheur à plusieurs
Et oui, vous ne rêvez pas, il y a bel et bien une option multijoueur dans The World Ends With You ! Alors on ferme les yeux et on s’imagine déjà, combattant sur l’écran du bas des dizaines et des dizaines de Noises tous plus agressifs les uns que les autres pendant que l’autre joueur, lui, apparaît sur votre écran supérieur, éliminant les même Noises que vous sur sa propre DS ! On se rendra compte que le multijoueur est en fait un jeu qui se joue sur un plateau, où vous devrez lancer les pins de vos adversaires en dehors du terrain à l’aide de différents bonus (4 au total). Le jeu n’est pas mauvais en lui même (il est super nerveux lui aussi), mais on aurait aimé quelque chose de différent. Une autre option multijoueur disponible via le portable nous permet d’échanger des objets ainsi que des badges avec des amis. Ca a le mérite d'exister.
|
Quel bonheur de retrouver un Tetsuya Nomura en pleine forme, avec un jeu original sur Nintendo DS. Avec son ambiance rafraîchissante et son gameplay carrément inédit, The World Ends With You a un potentiel énorme. Ce nouvel Action RPG fera craquer un grand nombre de joueurs mais en rebutera également beaucoup : le concept est poussé à son extrème, et l'omniprésence du style street-fashion-underground peut déranger. Malheureusement, le scénario paraît un peu léger (le concept est pourtant génial) et la traduction française manque cruellement. C'est dommage, car le titre s'adresse, à mon avis, à un public assez jeune. Mais au final, on se retrouve avec un jeu séduisant qui nous change des remakes à outrance.
|
|
Les points forts :
+ Une ambiance japonaise originale
+ Gameplay jouissif
+ Réalisation de qualité |
Les points faibles :
- Le Replay Value
- Musiques un peu répétitives
- Pas de traduction française |
Note finale :
17/20
|