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Dragon Quest Builders — Preview

À plusieurs reprises, les fans de la saga Dragon Quest ont rappelé à Square Enix qu'on ne plaisantait pas avec une telle institution. Trente ans après la sortie du premier épisode, les équipes de Yuji Horii distillent toujours les innovations aux compte-gouttes quand il s'agit de concevoir un épisode canonique. Pour autant, ces dernières années ont vu naître de nombreux projets annexes, où les développeurs laissent volontiers s'exprimer leur créativité. Le succès incontestable de Minecraft n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd : créer un jeu bac à sable dans l'univers de la série était une évidence. Ainsi est né Dragon Quest Builders. Et si sa sortie occidentale était plus que compromise — rappelons qu'il aura fallu attendre 3 ans et demi pour avoir droit à une localisation de Dragon Quest VII sur 3DS —, Square Enix a confirmé il y a quelques jours l'arrivée prochaine de son jeu de construction. J'ai eu la chance de pouvoir découvrir en avant-première les 45 premières minutes de jeu dans sa version américaine. L'occasion de faire le point sur cet OVNI qui ravira les passionnés de bricolage, de liberté et de RPG.

Dragon Quest Builders : preview
Alefgard, le monde du premier Dragon Quest, est également le terrain de jeu de Dragon Quest Builders.

Dragoncraft

Il n'a pas fallu plus d'une bande-annonce pour me convaincre que Dragon Quest Builders était la meilleure infidélité que la série puisse faire au RPG traditionnel. C'est donc déjà partiellement conquis que je me suis installé devant cette version d'essai, à l'occasion d'un pré-E3 organisé à Londres en mai dernier. Après une création d'avatar assez sommaire — seule la couleur de la peau, des cheveux et des yeux peut être altérée — le joueur se retrouve plongé dans le monde merveilleux d'Alefgard, que les plus anciens ont déjà parcouru. Un court didacticiel détaillant les rudiments du crafting plus tard, votre petit aventurier sublimé par le coup de crayon d'Akira Toriyama remonte à la surface et découvre l'immensité de ce qui est désormais légion sur les consoles de cette génération : l'open world. Verdoyant, sinueux, vaste… Ce royaume déjà exploré en 1986 par le descendant de Roto prend une toute autre allure en 2016, dans cette 3D simpliste mais colorée. Le scénario, bien qu’en retrait dans cette démo, propose une interprétation alternative de la fin du tout premier Dragon Quest, dans laquelle le terrible Dragonlord plonge le monde dans les ténèbres tout juste après avoir scellé un pacte de paix avec le héros. Reconstruire Alefgard pierre après pierre, telle est votre mission. Pas besoin d’être un expert pour reconnaître la patte empruntée à Minecraft, taillée pour la construction et la génération procédurale… dont nous ne verrons pas la couleur. En effet, si d’apparence Dragon Quest Builders semble être un vulgaire clone opportuniste, il apporte au cœur du jeu une nécessaire couche role play, des objectifs on ne peut plus clairs ainsi que des quêtes annexes. Bref, tout pour guider les joueurs attirés par l’aventure plus que par le champ des possibles.

Dragon Quest Builders est la meilleure infidélité que la série puisse faire au RPG traditionnel.

L'apprenti architecte

Avant de construire de luxueux châteaux et autres villages infinis, notre héros doit bien entendu faire ses armes sur de plus modestes chantiers. Les quelques missions que j’ai eu l’opportunité d’accomplir détaillent petit à petit les différents éléments qui confient au système toute sa richesse. Les rudiments de la construction sont introduits par Pippa, habitante qui vous assignera vos premières quêtes. Toujours dans un souci de clarté, le jeu intègre deux éléments fondamentaux : un livre de recettes, pour ne jamais avancer à l’aveugle et des plans à poser sur le sol, pour lister l’ensemble des éléments nécessaires à la construction d’un bâtiment. Une simple pièce — faite de murs, avec une porte et une source de lumière — peut ainsi évoluer à mesure que vous y intégrez de nouveaux meubles. La recherche d'ingrédients est plutôt aisée en ce début d’aventure, mais il y a fort à parier que de longues randonnées et autres dangereux combats soient nécessaires pour mettre la main sur les ressources les plus rares. La jauge de PV restera intacte en début de partie, les quelques gluants et vampivols aux alentours n’étant qu’une moindre menace pendant l'initiation. Pour abattre les ennemis, quelques esquives suivies de coups au corps-à-corps sont généralement suffisantes. Gageons que la difficulté s’affirme dans les chapitres suivants, car la jauge de faim, autre menace introduite en début de jeu, semble elle aussi anecdotique. Vous l'aurez compris : Dragon Quest Builders s'essaye au genre avec quelques pincettes et vise pour l'occasion un large public, quitte à s'affranchir des exigences que la série a l'habitude d'imposer.

Si les fans de Minecraft ne trouveront clairement pas leur intérêt dans Dragon Quest Builders, plus minimaliste et dirigiste, les autres auraient tort de passer leur chemin. Bourrée de nostalgie, cette aventure, car c'en est une, se montre aussi particulièrement ingénieuse, addictive et accessible. Un open world bien maquillé qui invoque tous les codes de la saga, la bouscule tout en la respectant religieusement. C'est le Minecraft que beaucoup attendaient. Celui qui ne n'intimide pas. Celui qui ne laisse aucune place au hasard.