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Final Fantasy III (Nintendo DS)

Dix sept ans. C'est le temps qu'il nous aura fallu attendre, nous pauvres européens, avant de pouvoir enfin toucher ce troisième épisode. Et plutôt que de nous servir une réédition douteuse sur console désuète, Square Enix nous propose un remake intégral en 3D sur Nintendo DS. Plutôt alléchant ! A l'heure où l'Europe devient un véritable marché pour l'entreprise (qui s'est enfin décidé à nous livrer une grande partie de ses jeux), nous vous proposons donc un petit panorama de ce Final Fantasy III attendu par de nombreux fans, celui-ci leur permettant enfin d'avoir en version européenne l'intégralité de la série numérotée.

Une équipe de qualité

Nous l'avons dit, 17 ans séparent la sortie de Final Fantasy III sur Famicom et celle de son remake sur Nintendo DS. Il était donc tout naturel pour Square Enix de mettre une équipe totalement nouvelle à la charge du développement du jeu. Car nous le verrons plus loin, ce remake est un peu à l'image de celui de Romancing SaGa -Minstrel Song- (le dernier du genre en date) : une refonte totale des graphismes, et un passage de la 2D à la 3D !

Ainsi, Hiromichi Tanaka (connu pour avoir travaillé sur les trois premiers Final Fantasy en tant que programmeur, maintenant producteur de Final Fantasy XI et de ses add-ons) devient réalisateur (remplaçant le grand Hironobu Sakaguchi, à son poste à l'époque) et Akihiko Yoshida (designer attitré des jeux gravitant autour de l'univers d'Ivalice) se met à la place de Yoshitaka Amano. De grands noms sont donc venus mettre leur nez dans se projet. Bien évidemment, la musique de Nobuo Uematsu a été conservée, mais arrangée par Tsuyoshi Sekito et Keiji Kawamori. Vous l'aurez compris, Final Fantasy III n'a pas été boudé : une équipe talentueuse s'y est collée, et ce remake a, à priori, tout pour plaire.

Un scénario classique

L'histoire de Final Fantasy III repose une fois de plus sur la légende des cristaux. Un tremblement de terre, prédit par la prophétie, qui enfouis les cristaux, et libéra les monstres les plus horribles. Afin de protéger le monde des sinistres évènements qui pourraient se produire, un groupe de quatre aventuriers part en vue d'éradiquer toute menace se faisant sentir. On peut d'ailleurs très facilement rapprocher ce scénario à celui du premier Final Fantasy : une véritable aventure, de véritables héros, des rencontres improbables (bien que celle de Luneth, Arc, Refia et Ingus soit un peu prématurée).

Bien évidemment, peu d'aménagements ont été faits en ce qui concerne la trame principale du jeu. On recense tout de même quelques modifications, comme le tout début du jeu, qui varie par rapport à la version datée de 1987, quelques dialogues en plus, mais rien de bien méchant. Non, ce n'est pas le scénario qui a été aménagé, mais les personnages en eux-mêmes. En effet, ils ont maintenant des noms bien déterminés (que l'on peut modifier à sa guise), ce qui n'était pas le cas sur Nes ! Ce détail n'est pas moindre, car il est l'un des éléments qui donne une plus grande importance à nos quatre héros. Ils sont désormais d'avantage liés à l'histoire, et disposent d'une personnalité qui leur est propre. Plus sensibles, plus affirmés, ils deviennent presque aussi charismatiques que d'autres héros de la série. Mais ne pensez pas vous retrouver devant un Gilgamesh ou un Squall : ils ne sont pas non plus du genre à marquer les esprits. Quoi que leur design modernisé contribue à renforcer leur caractère ! On ne peut que féliciter Akihiko Yoshida sur ce point.

Plus qu'un simple remake

Vous le savez maintenant, quelques nouveautés font leur apparition dans cet épisode DS. Outre la psychologie des personnages améliorée, les graphismes ont également subi un grand changement. Le passage de la 2D à la 3D est pourtant difficile : complexe à réaliser, mais aussi dur à recevoir pour certains fans, qui préfèrent conserver l'image qu'ils ont d'un donjon à partir de la 2D d'époque. C'est véridique, certains se plaignent de voir leurs paysages préférés remis au goût du jour. Toujours est-il que la réalisation de cet opus impressionne : on voit que la portable de Nintendo en a dans le ventre et que Square Enix reste maître en la matière.

Tout commence par une cinématique d'introduction sublime et prenant les deux écrans de la console. Les images de synthèse sont superbes, il n'y a rien à redire, si ce n'est que ça saccade un peu plus que dans les trailers diffusés (oui, on est sur DS quand même...). Les graphismes du jeu sont eux aussi très réussis : colorés, variés, bien texturés. Remarquez qu'il n'est pas possible de changer l'angle de vue, mais qu'un zoom peut être fait dans n'importe quel environnement. Celui-ci ne laisse d'ailleurs pas apparaître de vieux pixels baveux, mais au contraire des intérieurs, des objets, des végétaux extrêmement bien modélisés. Les personnages, nous l'avons dit, sont eux aussi soignés, tout comme les ennemis et les boss, encore plus impressionnants qu'il y a dix ans !

Seuls petits reproches que l'on pourrait faire en ce qui concerne la réalisation de Final Fantasy III, l'utilisation limitée du double écran (l'écran supérieur restant noir pendant les combats) mais aussi une musique qui aurait pu être mieux adaptée à la console : on se retrouve avec des compositions aux arrangements mineurs, et dont la qualité n'est pas des meilleures. Le reste de la bande-son est convainquant. Pour finir, j'ajoute qu'en plus des dialogues supplémentaires et des fonctionnalités Wi-Fi permettant d'envoyer des lettres à ses amis et de remplir une quête supplémentaire, le job de base a été changé. Vos héros commenceront donc Free-lance, alors que le job de base qui était Chevalier Oignon deviendra le job ultime. Assez marrant pour être souligné.

Touche-moi si tu peux

La Nintendo DS est une vraie merveille pour les RPG, je ne cesserai de le répéter. Et Final Fantasy III en est la preuve ! En plus de proposer de la 3D, la console permet également de jouer intégralement au stylet. Les déplacements, les combats, les menus : tout peut être fait par l'intermédiaire de l'écran tactile de la console. En ce qui concerne les phases d'exploration, les déplacements sont ainsi plus souples, moins saccadés. On peut par exemple pointer un endroit pour que Luneth s'y rende illico presto. Dans les menus, la navigation devient plus rapide, et en combat, c'est assez agréable (on peut sélectionner plusieurs ennemis en traçant un rectangle de sélection, comme dans Tactical-RPG). Néanmoins, la police d'écriture adoptée par le jeu est tellement minuscule, qu'il faut être précis, au risque de faire des erreurs irréparables.

Finalement, il y aura deux écoles : ceux qui préfèrent la navigation simple et rapide au stylet, et ceux qui privilégient la jouabilité aux boutons et avec la croix directionnelle, plus rigide. Ne parlons pas des fous qui jonglent entre les deux, comme c'est le cas dans Final Fantasy XII Revenant Wings : c'est très peu commode, et vite insupportable.

Des combats coriaces

Final Fantasy III est un RPG à l'ancienne. Comme la moutarde, ça fait mal au début, mais avec un peu d'expérience on s'y fait rapidement. Vous l'avez compris, comme c'était souvent le cas à l'époque, sur Nes, on ne vous fait pas de cadeau. Alors que certains titres vous proposent un démarrage en douceur, ponctué de tutoriaux parfois presque risibles, le dernier né de Square Enix ne vous viendra pas en aide. Ainsi, le jeu démarre sur les chapeaux de roue, et bénéficie de combats costaux, dès le début. En effet, les joueurs allergiques au levelling doivent passer leur chemin : c'est une étape nécessaire dans cet opus (comme dans tous ceux qui disposent d'un système de jobs aussi bon).

Parlons d'ailleurs du système de combat. Oubliez la jauge d'Action Time Battle (ATB) des derniers épisodes, ici on revient au RPG classique, au tour par tour (que les joueurs de Dragon Quest connaissent bien maintenant). Vous entrez les actions à effectuer, admirez les attaques (douloureuses) de vos ennemis, et attaquez à votre tour. C'est donc une autre stratégie à adopter, et les joueurs de Final Fantasy XII seront... déroutés. Ajoutez à cela un système de sauvegarde particulièrement mal pensé (c'est à dire en début de donjon, soit une heure avant un boss), et vous obtiendrez un RPG compliqué à souhait. 

Mais le point fort de Final Fantasy III reste son système de jobs ! Ils sont au nombre de vingt-deux, et comme vous le savez permettent aux personnages d'acquérir des compétences nouvelles. Tout comme dans les épisodes suivants, il est possible de contrôler une équipe originale, les Bardes étant de la partie (ce sont ceux qui me font le plus rire...). Mais retour au sérieux oblige, il est nécessaire à toute bonne formation de disposer de mages, d'invokeurs et de guerriers. Mais c'est vous qui avez les cartes en mains !

Ce remake est une très bonne surprise. Les graphismes, gros point fort de Final Fantasy III sur DS permettent une immersion encore plus grande, accentuée par l'ambiance et le scénario vraiment agréables. Les fonctionnalités de la console sont vraiment bien exploitées (le stylet peut être utilisé tout le temps si on le souhaite !). La durée de vie est vraiment immense, mais expliquée par la trop grande difficulté de certains combats, et le nombre ridicule de points de sauvegarde. Au moins, Square Enix a conservé la difficulté de son titre, considéré comme l'un des plus complexes de la série. Malgré ses défauts, Final Fantasy III est un jeu à posséder pour tout fan de la série en mesure de dépenser 45 euros pour un jeu DS, mais mieux vaut être un habitué du genre.

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Les graphismes grandioses
Bien adapté à la DS
Plus de 30 heures de jeu
Difficile et rageant
Sauvegardes trop rares
45 euros au lancement