Preview

Preview

Longtemps émulée, jamais officialisée, la version HD de Final Fantasy XII était l'un des projets les plus attendus par les fans de la série. Malgré des bruits de couloirs de plus en plus insistants en interne, il aura finalement fallu attendre le mois de juin pour apprendre l'existence de Final Fantasy XII: The Zodiac Age, dont le développement est en cours sur PlayStation 4. Montrée pour la première fois à l'E3, cette nouvelle mouture faisait également une apparition début juillet à Japan Expo. L'occasion de replonger dans l'univers merveilleux d'Ivalice. Premières impressions.

Désormais adapté aux écrans HD, Final Fantasy XII s'offre une seconde vie.

Ivalice puissance dix

Final Fantasy XII étant intialement sorti sur PlayStation 2, le travail de remasterisation entrepris par Square Enix pour cette version PS4 était particulièrement attendu au tournant. À l'E3, les développeurs ont toutefois précisé que cette version respecterait la direction artistique et le matériau d'origine. En effet, on constate très rapidement que les textures des décors, les costumes et les visages des personnages ont bénéficié d'une attention toute particulière. Malheureusement, l'extrait choisi par l'éditeur pour les besoins de la démo — les Mines de Lhusu — ne permet pas d'apprécier le travail à sa juste valeur. C'est en faisant un détour par Bhujerba, à l'opposé de l'objectif de cette courte mission, que l'on redécouvre une Ivalice radieuse, colorée et envoûtante. Un monde surpeuplé et vivant, où chaque PNJ y va de sa petite phrase, où les quartiers commerçants vous font presque resentir les effluves de Cœurl roti à la broche. Un monde où il fait bon se balader, et dans lequel j'ai, pour la première fois dans un Final Fantasy, resenti une vraie sensation de liberté.

Les premiers pas dans cette version d'essai semblent confirmer ce qui transparaissait dans les premières vidéos : la fréquence d'affichage, bien que toujours stable, semble figée à 30 fps. Les développeurs ne se sont pour le moment pas exprimé à ce sujet, mais une expérience en 60 fps aurait été encore plus éblouissante. Les Impulsions, par exemple, semblent hachées sur les écrans actuels. Gageons qu'il s'agisse de l'une des optimisations qui figurent sur la feuille de route du réalisateur Takashi Katano.

L'une des conditions pour donner vie à ce projet était de réunir l'équipe qui avait supervisé le jeu original. C'était difficile, étant donné que chacun travaille sur d'autres projets aujourd'hui.

Hiroaki Kato (producteur)

À chacun son job

La sortie en 2017 de Final Fantasy XII: The Zodiac Age est un autre petit évènement en Occident, car c'est la toute première fois que cette version « International » s'exporte en dehors de l'archipel japonais. La principale nouveauté de cette nouvelle copie concerne le cœur même du gameplay : le système de jobs. Final Fantasy XII, dans sa première version — la seule que nous ayons connue — laissait au joueur tout le loisir de faire progresser ses personnages en leur attribuant des compétences et des caractéristiques dans une immense grille de permis inspirée par le Sphérier de Final Fantasy X. Cette fois, les choses sont un tantinet plus cadrées, pour renforcer le rôle de chacun et conserver une certaine cohérence vis-à-vis du scénario. Dans cette version International, douze classes basées sur les signes du zodiac sont disponibles. Une fois engagé dans une carrière, un personnage ne peut plus en changer. Le menu du jeu étant inaccessible dans la démo, il ne m'a pas été possible de mettre le nez dans ce « nouveau » système, ni dans les Gambits, autre pierre angulaire de cette aventure conditionnant le comportement des alliés.

En revanche, quelques petits ajustements sont d'ores-et-déjà visibles. Les interfaces, déjà, ont subi un très joli lifting, avec une mention spéciale pour les illustrations des personnages d'une finesse remarquable qui figurent sur le menu de commandes. La carte, autrefois accessible uniquement dans les menus, peut désormais être affichée en surimpression, rendant beaucoup plus agréable l'exploration, tout particulièrement dans les Mines de Lhusu qui servaient de terrain de jeu pour cette démo. Le mode accéléré, lui, permet probablement de soulager les amateurs de levelling intensif, mais n'est pas très pratique dans les zones exiguës, comme peuvent l'être les donjons. N'oublions pas que FFXII exige avant tout beaucoup de patience et que son système de combat mise au contraire sur la réflexion malgré les apparences. S'y frotter peu après avoir pris ses marques sur Final Fantasy XV quelques mètres plus loin sur le stand est d'ailleurs... déstabilisant.

La volonté des développeurs de faire de Final Fantasy XII: The Zodiac Age une remasterisation minimaliste aurait pu desservir cette version PS4. Pourtant, après deux parties et près d'une heure passées sur cette version HD, mon envie de revivre l'intégralité de l'aventure n'en est que plus grande. Non, vous ne changerez pas d'avis sur le jeu s'il ne vous avait pas convaincu dix ans plus tôt. Mais oui, le dernier Final Fantasy de Yasumi Matsuno, aussi complexe qu'ambitieux, méritait bien une seconde vie, et l'opportunité de rencontrer un nouveau public.