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Theatrhythm Final Fantasy Curtain Call - Bandeau

En découvrant Theatrhythm en 2012, on se doutait bien que Square Enix tenait là une nouvelle initiative qui ne resterait pas longtemps sans petits frères. Deux ans et une quantité inquiétante de contenus additionnels payants plus tard, l’équipe accouche d’une version enrichie, corrigeant la plupart des défauts du premier récital pourtant déjà très réussi. L’occasion de revoir ses gammes et de plonger à nouveau dans cette épopée musicale en hommage à la saga Final Fantasy.

Le même refrain

Comme une bonne recette de grand-mère, Theatrhythm Final Fantasy Curtain Call reprend les ingrédients qui ont fait le succès de son aîné. À commencer par les mécaniques de jeu, restées indemnes. Les différents challenges proposés altèrent toujours entre BMS (combats contre des ennemis et boss populaires), FMS (simples balades dans des environnements variés) et EMS (cinématiques marquantes extraites des jeux originaux). Si chaque épreuve a sa spécialité, il est toujours question d’accompagner en rythme la mélodie avec le timing le plus précis possible. Bien sûr, chaque faux pas est pénalisé — une barre de vie représente la marge d'erreur restante — et les combos effectués en rythme rapportent davantage de points. La première surprise de cette cartouche mise à jour concerne le catalogue de musiques, beaucoup plus généreux que par le passé. Souvenez-vous, Theatrhythm était certes très réussi, mais morcelé en une multitude de titres à télécharger — et donc à acheter — séparément. Cette fois, Square Enix intègre d'office plus de 220 morceaux, couvrant aussi bien les épisodes canoniques que les spin-off plus ou moins obscurs. Que l'on soit un grand amateur d'OST ou un simple joueur fidèle à la série, il est très agréable de pouvoir réécouter toutes ces compositions de maître en un clin d'œil. Comme la liste est très longue, et ce malgré quelques oublis regrettables, la possibilité de trier les pistes manuellement et de sélectionner ses favorites est particulièrement appréciée.

Outre les musiques, ce sont aussi les personnages qui donnent davantage de relief à cette nouvelle franchise. Là encore, impossible de faire la fine bouche tant le casting est hallucinant. Encore plus que son grand frère, Curtain Call récompense ses joueurs à chaque défi, si bien que l'on débloque à intervalle réguliers de nombreux personnages grâce aux cristaux de couleur glanés en cours de route. Pour être plus précis, une fois un certain nombre de cristaux d'une même couleur collectés, il est possible d'accueillir un nouveau héros dans son groupe. Au total, ce sont 60 individus qui sont en mesure de rejoindre vos rangs : autant dire qu'il y a du pain sur la planche avant de tous les recruter et de les faire grimper au level 99 pour gonfler leurs performances. Les plus patients pourront même, plus tard, opérer un reset de leurs statistiques pour lever la limite de points de compétences et les rendre encore plus puissants. Si vous en avez le temps et l'envie, le plaisir est donc infini.

J'ai la quête qui colle

Avoir davantage de contenus, c'est bien, mais il fallait bien que Square Enix innove un peu, notamment pour reconquérir les joueurs un peu lésés qui se seraient procurés tous les DLC de la version précédente. C'est chose faite avec le mode Quest, véritable petite aventure exigeante et addictive, inspirées des Dark Notes et du Chaos Shrine du premier Theatrhythm. Chaque Quest Medley se compose d'une carte à embranchements, divisée en plusieurs stages avec, au bout du parcours, un boss et ses récompenses. Sur leur chemin, les héros peuvent tomber nez-à-nez avec des serrures, des clés, des mini-boss, ou des bonus, à l'image du vaisseau qui transporte instantanément l'équipe un peu plus loin. Le véritable intérêt réside dans le côté aléatoire des musiques sélectionnées et donc de la génération de ces niveaux. La difficulté des derniers affrontements et la quantité d'expérience qui peut être accumulée lors de ces aventures plus ou moins longues sont aussi des éléments qui participent à la rejouabilité incontestable des quêtes. Console portable oblige, il est tout à fait possible de sauvegarde sa progression en plantant sa tente sur un point de sauvegarde pour reprendre le voyage un peu plus tard. Enfin, pour partager ses aventures favorites et en découvrir de nouvelles, rien de tel qu'un échange opéré grâce à la fonctionnalité StreetPass de la Nintendo 3DS. Bonne nouvelle : les interactions entre joueurs ne s'arrêtent pas là...

Lassé de jouer seul ? Theatrhythm Final Fantasy : Curtain Call embarque un ingénieux mode Versus, qui permet d'affronter un autre joueur en local ou en ligne. De manière assez classique, les deux participants sélectionnent une piste BMS — généralement une musique qu'ils maîtrisent — et, après tirage au sort, s'affrontent. Sur le papier, les deux adversaires combattent à armes égales, mais l'expérience des personnages de l'équipe et les différents malus déclenchés une fois la jauge EX Burst remplie peuvent assez cruellement les départager. Certaines altérations d'état sont aussi pénalisantes qu'amusantes : rythme aléatoire, apparition tardive des notes, ou encore le redoutable Juge, qui n'approuve que les notes "Critiques", autrement dit les timings parfaits. La distribution très curieuse des pénalités est parfois assez frustrante, mais c'est également ce qui rend ce mode aussi drôle. Cela dit, certains joueurs (japonais ou non) sont si redoutables que j'ai moi-même assez souvent été mis à mal en quelques secondes. Ces corrections en ligne ont un intérêt : remotiver les troupes pour repartir en mode solo, faire grimper ses statistiques et perfectionner sa dextérité au stylet ou aux boutons.

Le fanservice n'a pas que de mauvais côtés. Theatrhythm Final Fantasy: Curtain Call en est à nouveau la preuve ! En reprenant tous les ingrédients du premier opus et en ajoutant une quantité astronomique de musiques, de personnages et deux modes incontournables, cette suite se révèle être la version la plus aboutie du jeu. Les joueurs qui, par le passé, se sont procurés une grande partie des DLC verseront sûrement quelques larmes, mais le mode Versus à lui seul justifie cette nouvelle cartouche, indispensable en attendant la sortie japonaise de Theatrhythm Dragon Quest.

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Le mode Quest Medley
Riche même sans DLC
Durée de vie irréprochable
Pas de révolution de gameplay
Versus parfois cruels
Crispant et douloureux