Final Fantasy VII Remake

Preview

Le 02 novembre 2019 à 11:45 par Bastien 0 commentaire
Final Fantasy VII Remake - Images sur PS4

Difficile de refuser l'opportunité de s'offrir un Paris-Midgar en première classe à Paris Games Week, où Square Enix et Sony unissaient leurs forces pour donner vie à un stand PlayStation aussi gigantesque que convoité. Et pour cause, c'est la première fois que la démo jouable de Final Fantasy VII Remake se présentait en bonne et due forme au public français, pour qui n'avait pas eu l'occasion de la découvrir à Los Angeles en mai, à Cologne en août ou à Tokyo en septembre. Vingt minutes très denses, trop courtes, qui permettent toutefois de comprendre la direction prise par Yoshinori Kitase, Tetsuya Nomura et Kazushige Nojima dans le premier volet de cette réinterprétation moderne de l'univers de Final Fantasy VII.

Mise à jour du 8 mars 2020

La publication de la démo jouable de Final Fantasy VII Remake sur le PlayStation Store, lundi 2 mars, est l'occasion de découvrir une version plus longue de l'introduction du jeu, semblable à ce que nous découvrirons dans un mois. L'infiltration du Réacteur n°1 est précédée de la célèbre arrivée fracassante de Cloud et de ses camarades sur le quai de gare, mais aussi de quelques combats didactiques en chemin vers les bâtiments de la Shinra. Un fois le Scorpion Gardien abattu, une séquence supplémentaire se greffe à la démo présentée sur les salons, ce qui permet d'entrevoir quelques idées intéressantes pour enrichir le scénario du jeu ainsi qu'un aperçu du chapitre 2 si vous faites exploser la bombe en 20 minutes.

Le système de combat est toujours aussi vif et la complémentarité de Barret et Cloud toujours aussi intéressante, sur les petits ennemis comme lors de l'affrontement contre le boss. Si les différentes compétences des personnages sont appréhendées de la même façon dans le jeu final, cela promet une belle dynamique et un bon mélange entre action et stratégie. Enfin, les doutes que j'émettais ci-dessous concernant l'optimisation graphique, en particulier l'aliasing assez prononcé sur certaines parties des personnages, n'ont plus de raison d'être : sur PS4 Pro, le rendu est tout simplement irréprochable. 

Dans sa version contemporaine, Midgar est encore plus grandiose qu'en 1997.

Grand spectacle

Repenser Final Fantasy VII sur PlayStation 4 impose un dangereux travail d'équilibriste : s'il ne faut pas trahir les souvenirs des joueurs, il est nécessaire d'offrir à Midgar — la seule destination de ce premier Remake — la superbe refonte qu'elle mérite. L'introduction met immédiatement à l'aise : si tout est plus grand et plus beau, l'atmosphère qui se dégage de la capitale est intacte, en atteste l'arrivée très chorégraphiée de notre héros blondinet sur le quai de la gare où tout commençait vingt-deux ans plus tôt. La démo jouable ne laisse malheureusement pas l'opportunité de s'y balader puisqu'elle nous plonge directement au cœur du Réacteur n°1, où Barret et Cloud, fraîchement recruté par les activistes d'Avalanche, infiltrent les entrepôts verdâtres et métalliques de la Shinra pour y poser une bombe, symbole d'un combat écologique malheureusement toujours d'actualité.

L'environnement très cloisonné et austère de la zone ne permet pas de se prononcer sur le travail opéré sur les décors, en revanche, il est inutile d'en voir davantage pour réaliser que la modélisation et l'animation des personnages est tout bonnement spectaculaire. Les détails apportés aux costumes et aux armes, notamment la présence des matérias dans les petits slots prévus à cet effet, sont bluffants, tout comme les explosions et autres effets de particules provoqués par les sorts. C'est d'autant plus impressionnant que le framerate ne subit pas baisse de tension même quand l'action s'intensifie lors du combat contre le légendaire Scorpion Gardien — il faudra surveiller ce point technique dans les autres zones du jeu final, car on se souvient que Final Fantasy XV n'était pas toujours exemplaire en la matière. La PS4 semble quand même poussée dans ses derniers retranchements, ce qui pourrait expliquer le scintillement de certaines textures (les cheveux notamment) sur cette version de démonstration.

Pour accompagner l'action très hollywoodienne, on peut compter sur les indémodables mélodies réorchestrées, épiques et hyper dynamiques, dont on ne sait toujours pas qui les a arrangées aussi brillamment. Le thème des affrontements contre les boss, « Fight On! », star de cette séquence, est un authentique petit bijou, plus convainquant que le doublage français présenté pour la première fois lors de cette Paris Games Week. Si la VF intégrale traduit une véritable envie de séduire tous les publics, on ne peut s'empêcher de remarquer que certaines répliques de Barret en combat sont, souvent, à la limite de la caricature. Peu importe, car il est déjà confirmé que les doublages anglais et japonais seront aussi proposés dans la copie finale.

Le design du monde de Final Fantasy VII tourne autour de trois concepts forts : il est sombre, intègre des éléments steampunk modernes tout en étant très éclectique.

Yoshinori Kitase (producteur)
Final Fantasy VII Remake - Trailer TGS 2019

Hyperactive Time Battle

Final Fantasy XV avait ouvert la voie à un parti-pris action, une première pour un épisode canonique. Pourtant, Final Fantasy VII Remake n'abandonne pas totalement la méticulosité des RPG traditionnels, il propose un mélange intelligent entre l'excitation du temps réel et la réflexion stratégique offerte par les combats au tour par tour. Inutile contre les ennemis croisés entre les plates-formes menant au réacteur (soldats que l'on terrasse en enchaînant les petites attaques avec Carré), la pause active devient indispensable contre le Scorpion Gardien. D'une simple pression sur la touche Croix, il est possible de passer en mode Tactique pour choisir ses commandes sans être inquiété par la fougue de l'adversaire. La double jauge ATB des personnages, qui se remplit plus ou moins vite selon les actions, passe alors au premier plan pour déclencher les compétences spéciales, limites et autres magies, qui sont, elles, conditionnées par une barre de PM.

Bien plus endurant que dans Final Fantasy VII, le Scorpion Gardien résistera à vos assauts pendant une grosse dizaine de minutes, le temps d'enchaîner les sorts de Foudre (sa faiblesse principale), les breaks et les attaques à la gatling de Barret quand la bestiole prend du recul. L'alternance entre Cloud et son camarade, rendue possible grâce à la croix directionnelle, permet de découvrir les différents styles de combat : plus physique pour l'un, plus prudente pour l'autre. Une complémentarité intéressante, bien que j'ai plutôt favorisé Barret pour sa distance d'attaque confortable. Pour atténuer la frénésie de l'affrontement, quelques pauses bien méritées derrière des barricades permettent de mettre en évidence le système de couverture, plus efficace que la simple garde (R1) quand les choses tournent mal. L'occasion de se soigner, d'observer l'adversaire et de repartir à l'assaut en prenant le soin de maîtriser la caméra, étonnamment proche de l'action et difficile à canaliser quand la bestiole prend de la hauteur. À l'issue d'une joute intense, la séquence se conclut immédiatement. « Merci d'avoir joué à la démo de Final Fantasy VII Remake ». Cette phrase, c'est cette petite gifle qui vous ramène 22 ans en arrière, ce petit taquet qui vous donne également envie d'être 4 mois dans le futur.

Comme beaucoup de Gaulois réfractaires, j'ai longtemps pesté sur cette idée de faire renaître Final Fantasy VII, ce qui reviendrait à faire passer l'aventure de 1997 pour une version has-been, et surtout à utiliser de précieuses ressources internes qui ne travailleraient pas sur un Final Fantasy inédit. À quatre mois de la sortie de FFVII Remake, l'heure n'est plus aux débats mais aux constats. Cette pré-version, aussi courte et explosive soit-elle, met immédiatement tous les voyants au vert. Réalisation somptueuse, gameplay à deux vitesses très intelligent, dialogues pleins de nostalgie... Impossible d'imaginer à ce stade quelle sera l'ampleur exacte de ce premier volet dont la sortie est toujours prévue pour le 3 mars 2020 sur PS4. Une chose est sûre : si la suite est à la hauteur de ce premier acte, on verra au printemps bourgeonner de belles pensées dans les recoins les plus sinistres du secteur 5.